Plan d'action visant des espèces multiples dans le parc national du Canada des Prairies
Loi sur les espèces en péril
Série de plans d'action
2026
Description longue pour image de couverture
La page couverture montre une vue étendue de prairie mixte dans le parc national des Prairies, avec des collines ondulées, des graminées indigènes et un vaste ciel ouvert typique de l'écosystème semi-aride des prairies.
Sur cette page
- Préface
- Remerciements
- Sommaire
- 1. Contexte
- 2. Objectifs propres au site en matière de population et de répartition
- 3. Mesures de conservation et de rétablissement
- 4. Habitat essentiel
- 5. Évaluation des coûts et des avantages socioéconomiques
- 6. Mesure des progrès
- 7. Références
- Annexe A : Renseignements sur les espèces, objectifs et plans de surveillance pour les espèces en péril du parc national des Prairies
- Annexe B : Mesures de conservation et de rétablissement qui seront mises en œuvre
- Annexe C : Autres mesures de conservation et de rétablissement qui seront mises en œuvre au moyen de partenariats ou lorsque d'autres ressources seront accessibles
Information sur le document
Citation recommandée :
Parcs Canada. (2026). Plan d'action visant des espèces multiples pour le parc national du Canada des Prairies. Série de plans d'action de la Loi sur les espèces en péril, Parcs Canada, Ottawa, vi + 57 p.
Version officielle
La version officielle des documents sur le rétablissement est celle publiée en format PDF. Tous les liens hypertextes étaient valides à la date de publication.
Version non officielle
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Pour obtenir des copies du présent plan d'action ou un complément d'information sur les espèces en péril, y compris les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de résidence, les programmes de rétablissement et d'autres documents connexes sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en périlNote de bas de page 1.
Illustration de la page couverture : © Parcs Canada. Photo : Parcs Canada.
Titre en anglais :
Multi-species Action Plan for Grasslands National Park of Canada
© Sa Majesté le Roi du chef du Canada, représentée par la ministre de l'Environnement et du Changement climatique, 2026. Tous droits réservés.
CW69-21/20-2026F-PDF
ISBN 978-0-662-37851-8
Le contenu du présent document (sauf les photos) peut être utilisé sans permission, à condition que la source en soit adéquatement mentionnée.
Préface
En vertu de l'Accord pour la protection des espèces en péril (1996)Note de bas de page 2, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d'adopter des lois, des règlements et des programmes complémentaires afin d'assurer la protection des espèces en péril partout au Canada. La Loi sur les espèces en péril (L. C. 2002, c. 29) (LEP) a été promulguée pour protéger les espèces sauvages en péril au Canada et pour renforcer d'autres lois de conservation de la biodiversité canadienne. Aujourd'hui, la LEP contribue de façon importante à la réalisation de la Stratégie pour la nature 2030 du Canada : Freiner et inverser la perte de biodiversité au Canada, qui trace la voie à suivre pour que le Canada mette en œuvre le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal.
En vertu de la LEP, les ministres fédéraux compétents sont responsables de l'élaboration de plans d'action pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et dont le rétablissement a été jugé réalisable. Ils sont également tenus de rendre compte des progrès réalisés cinq ans après la publication des plans d'action dans le Registre public des espèces en péril.
Les plans d'action relatifs aux espèces en péril décrivent en détail les mesures de rétablissement prévues à l'appui de l'orientation stratégique définie dans les programmes de rétablissement. Ce plan décrit ce qui doit être fait pour atteindre les objectifs de population et de répartition présentés dans le programme de rétablissement, notamment les mesures à prendre pour contrer les menaces et surveiller le rétablissement des espèces, ainsi que les mesures proposées pour protéger l'habitat essentiel désigné de ces espèces. Le plan d'action comprend également une évaluation des répercussions socioéconomiques de sa mise en œuvre et des avantages en découlant. Il s'inscrit dans une série de documents liés entre eux qui doivent être pris en considération, à savoir les rapports de situation du COSEPAC, les programmes de rétablissement et d'autres plans d'action produits pour ces espèces.
Le ministre responsable de Parcs Canada est le ministre compétent en vertu de la LEP pour le rétablissement des espèces se trouvant dans le parc national des Prairies, et a préparé le présent plan d'action pour la mise en œuvre des programmes de rétablissement s'appliquant au parc conformément à l'article 47 de la LEP. Ce plan d'action a été préparé en collaboration avec des organisations autochtones, Environnement et Changement climatique Canada, Pêches et Océans Canada et la province de la Saskatchewan, conformément au paragraphe 48(1) de la LEP.
Le succès du rétablissement de ces espèces dépend de l'engagement et de la coopération d'un grand nombre d'intervenants et ne sera pas obtenu par Parcs Canada uniquement ou toute autre instance seule. Les Canadiens et les Canadiennes sont tous invités à appuyer ce plan et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien de multiples espèces et de la société canadienne dans son ensemble.
La mise en œuvre du présent plan d'action est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires de Parcs Canada et des autres instances et organisations participantes.
Remerciements
Parcs Canada souhaite remercier les personnes qui ont contribué à l'élaboration de ce plan d'action.
Nous reconnaissons que le parc national des Prairies est situé sur le territoire visé par le Traité no 4 et sur le territoire des Métis. Des nations autochtones habitent ces prairies et organisent leur vie en fonction des migrations du bison depuis des millénaires : les A'aninin (Gros Ventres), les Nakoda (Assiniboines), les Nehiyawak (Cris des Plaines), les Niitsitapi (Pieds-Noirs), les Dakota, les Lakota et les Métis.
Ce plan d'action a été préparé en consultation et avec la participation des communautés autochtones et des principaux intervenants et partenaires, notamment la Nation métisse de la Saskatchewan, la Première Nation lakota de Wood Mountain, Environnement et Changement climatique Canada, Pêches et des Océans Canada, le Plan d'action visant plusieurs espèces en péril dans le sud-ouest de la Saskatchewan – South of the Divide, le comité de coordination des espèces en péril de la Saskatchewan, le Wilder Institute/zoo de Calgary, le Royal Saskatchewan Museum, le Royal Alberta Museum, le Réseau canadien pour la santé de la faune et d'autres spécialistes des espèces sauvages. Le ministère de l'Environnement de la Saskatchewan a été consulté et a eu la possibilité de commenter l'ébauche du plan.
Une première phase de consultation des spécialistes des espèces a pris la forme d'un atelier d'analyse de lieu de deux jours, organisé virtuellement les 22 et 23 octobre 2024, afin d'appuyer la priorisation des mesures de rétablissement et de recenser les possibilités et les répercussions interfonctionnelles. Plus de 40 participants représentant huit organisations ainsi que des intérêts individuels ont été invités à l'atelier. Tout au long du processus, des mises à jour ont également été présentées régulièrement lors des réunions du comité de coordination des espèces en péril de la Saskatchewan et de celles de l'équipe principale de la région South of the Divide – Sud de la ligne de partage des eaux.
Une version provisoire du plan d'action a été préparée à la suite de la première phase de consultation. Une deuxième phase de consultation sur le projet de plan d'action a eu lieu du 24 décembre 2025 au 31 janvier 2026, lorsque l'ébauche du plan a été distribuée à un éventail élargi de groupes d'intervenants pour solliciter des commentaires. Enfin, une troisième phase de consultation a eu lieu lorsque le document a été mis en ligne dans le Registre public des espèces en péril pour recueillir les commentaires du public.
Nous remercions tout particulièrement toutes les personnes qui ont contribué au contenu de ce plan en apportant leur temps, leur expertise et leurs connaissances. Mille fois merci à tous ceux qui ont participé. Vos commentaires ont contribué à la mise à jour du plan d'action visant des espèces pour le parc national des Prairies.
Sommaire
Le Plan d'action visant des espèces multiples pour le parc national du Canada des Prairies met à jour et remplace le contenu du Plan d'action de 2016Note de bas de page 3. Il s'applique aux terres et aux eaux situées dans les limites du parc national des Prairies. Le plan présente les mesures visant à assurer la conservation ou le rétablissement des espèces inscrites sur la liste de la LEP, des espèces dont la conservation est préoccupante et des espèces qui revêtent une importance culturelle qui sont régulièrement présentesNote de bas de page 4 dans le parc national, et répond aux exigences de l'article 47 de la LEP pour les espèces qui nécessitent un plan d'action. Les considérations liées à la conservation à l'échelle du paysage, à la connectivité écologique, à la conservation climato-intelligente et aux espèces qui revêtent une importance culturelle ont constitué un thème central dans l'élaboration de ce plan d'action.
38 espèces régulièrement présentes dans le parc national des Prairies sont prises en compte dans ce plan d'action : 33 espèces inscrites sur la liste de la LEP et 5 autres espèces dont la conservation est préoccupante (p. ex. espèces évaluées par le COSEPAC, mais non inscrites sur la liste de la LEP, espèces inscrites sur la liste provinciale). Treize des espèces inscrites sur la liste de la LEP sont disparues du pays, en voie de disparition ou menacées (et nécessitent un plan d'action en vertu de la LEP) et 12 sont des espèces préoccupantes. L'inclusion d'espèces dont la conservation est préoccupante qui ne sont pas inscrites sur la liste de la LEP permet d'établir un plan global pour la conservation et le rétablissement des espèces dans le parc.

Description longue du diagramme
Une infographie sommaire indiquant que le présent plan d'action vise 38 espèces présentes régulièrement dans le parc national des Prairies, dont 33 inscrites à la Loi sur les espèces en péril et 5 autres espèces préoccupantes sur le plan de la conservation. Parmi les espèces inscrites à la LEP, 21 sont disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et 12 sont préoccupantes.
10 objectifs propres au site en matière de population et de répartition sont inclus dans ce plan; il s'agit de la contribution du parc aux objectifs à l'échelle de l'aire de répartition des espèces, tels qu'établis dans les programmes de rétablissement et les plans de gestion de la LEP. La mesure des progrès accomplis dans la réalisation des objectifs propres au parc au fil du temps permettra de déterminer l'impact écologique de la mise en œuvre du plan d'action.
Des mesures de conservation et de rétablissement ont été élaborées pour atténuer les principales menaces pesant sur les espèces dans le parc. En plus de contribuer à combler les lacunes dans les connaissances, le présent plan d'action tient compte des cinq principales menaces connues suivantes pesant sur les espèces :

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Une infographie sommaire présentant les cinq principales menaces traitées dans le présent plan d'action pour les espèces en péril du parc national des Prairies : routes et voies ferrées; activités récréatives; gestion des systèmes biologiques; espèces envahissantes non indigènes; et espèces indigènes problématiques.
21 mesures de conservation et de rétablissement sont identifiées comme des engagements dans le présent plan d'action. Des mesures supplémentaires, au nombre de 24, seront mises en œuvre si des ressources ou des partenariats permettent de soutenir le travail. Les mesures identifiées comme des engagements appartiennent aux catégories suivantes :

Description longue du diagramme
Une infographie sommaire présentant les mesures de conservation et de rétablissement prévues dans le présent plan. Vingt et une mesures sont confirmées pour mise en œuvre, et d'autres mesures seront entreprises si des ressources ou des partenariats deviennent disponibles. Les actions comprennent la gestion de l'habitat et des terres, la gestion des espèces, la surveillance et la recherche, les partenariats et la collaboration, ainsi que l'éducation et la sensibilisation.
L'habitat essentiel est désigné dans ce plan d'action pour la couleuvre agile à ventre jaune de l'Est, le pluvier montagnard, la pie-grièche migratrice de la sous-espèce des Prairies, le pipit de Sprague et le renard véloce. L'habitat essentiel de ces espèces, désigné dans le plan d'action visant des espèces multiples de 2016, est maintenu dans le présent plan afin d'assurer la continuité de leur protection légale. Une description est donnée des mesures de protection de l'habitat essentiel déjà désigné pour les espèces visées par ce plan.
Le coût financier de la mise en œuvre de ce plan d'action sera assumé par Parcs Canada et par des partenariats si des ressources sont en place à cette fin. Les principaux coûts de la mise en œuvre des mesures de ce plan devraient être minimes, et celles-ci devraient principalement comprendre des restrictions de l'accès des visiteurs à certaines zones du parc pendant les activités de gestion ou de protection. Les détenteurs de baux pourraient être touchés par l'officialisation des pratiques exemplaires de gestion mises en œuvre pour protéger les espèces en péril et leur habitat. Les avantages de ce plan d'action comprennent le rétablissement d'espèces en péril et un effet positif global sur la biodiversité, ce qui contribuera aux objectifs fédéraux et mondiaux en matière de développement durable. On peut également escompter d'autres avantages, notamment une amélioration de la mobilisation des visiteurs concernant la conservation des espèces et de leur sensibilisation aux questions environnementales, le ramatriement des bisons, des possibilités d'intendance et l'accès aux pâturages à l'intérieur du parc pour les preneurs à bail.
Les progrès réalisés dans la mise en œuvre de ce plan d'action et dans l'atteinte des objectifs propres au parc en matière de population et de répartition seront évalués, et un rapport résumant les résultats obtenus sera publié dans le Registre public des espèces en péril après cinq ans, conformément à l'article 55 de la LEP.
1. Contexte
Le Plan d'action visant des espèces multiples pour le parc national du Canada des Prairies met à jour et remplace le contenu du Plan d'action de 2016 (Agence Parcs Canada, 2016). En vertu de l'article 52 de la Loi sur les espèces en péril, le ministre compétent peut modifier un plan d'action à tout moment. Une telle modification est maintenant publiée pour mettre à jour les renseignements sur les espèces et intégrer les connaissances et les nouvelles informations acquises au cours de la mise en œuvre du plan d'action de 2016. Le rapport quinquennal de mise en œuvre du plan d'action de 2016 est accessible dans le Registre public des espèces en péril Note de bas de page 5.
1.1 Plan d'action visant des espèces multiples de Parcs Canada
Dans le cadre de l'élaboration de ses plans d'action, Parcs Canada adopte une approche axée sur plusieurs d'espèces et propre à un lieu précis. Cette approche permet de déterminer et de prioriser les mesures de conservation et de rétablissement pour un éventail d'espèces dans un ou plusieurs lieux patrimoniaux de Parcs Canada. Cette approche permet également de prendre en compte les besoins de multiples espèces ainsi que de recenser et de prioriser les mesures dont la mise en œuvre contribuera le plus à la conservation et au rétablissement des espèces à ces endroits donnés.
Les plans d'action visant des espèces multiples de Parcs Canada se concentrent sur les terres et les eaux administrées par l'organisme; cependant, les communautés autochtones, les administrations voisines, les partenaires, les intervenants, les spécialistes des espèces et du domaine sont mobilisés tout au long de l'élaboration et de la mise en œuvre des plans. Cette approche collaborative facilite la coopération en vue de la conservation et du rétablissement des espèces à l'échelle du paysage.
Le processus d'élaboration des plans d'action tient compte d'un ensemble d'espèces régulièrement présentes dans les lieux visés, y compris les espèces en péril figurant à l'annexe 1 de la LEP, les espèces évaluées par le COSEPAC et dont l'ajout à l'annexe 1 de la LEP est envisagé, les espèces inscrites sur la liste provinciale et d'autres espèces d'intérêt, y compris celles qui ont une importance culturelle. L'inclusion d'espèces qui ne nécessitent pas légalement de plan d'action de la LEP permet à Parcs Canada d'adopter une approche globale et d'élaborer un plan global pour la conservation et le rétablissement des espèces dans les lieux visés.
Dans de nombreux cas, des programmes et des plans de rétablissement, des plans de gestion et des plans d'action fédéraux et provinciaux ont été préparés pour les espèces visées par le présent plan d'action. Comme les évaluations de la situation effectuées par le COSEPAC, ces documents fournissent des orientations pour le rétablissement des espèces individuelles, y compris la détermination des menaces, des objectifs de rétablissement, de l'orientation stratégique pour atteindre les objectifs et de l'habitat essentiel. Le présent plan d'action est cohérent avec ces documents sur le rétablissement. Il doit également être considéré comme faisant partie de cet ensemble de programmes et de plans liés.
L'approche de Parcs Canada concernant l'élaboration du plan d'action visant des espèces multiples s'aligne sur l'Approche pancanadienne pour la transformation de la conservation des espèces en péril au Canada (Service canadien de la faune, 2018). Elle tient compte des priorités liées à la conservation à l'échelle du paysage, à la connectivité écologique, à la conservation climato-intelligente, à la conservation guidée par les Autochtones et aux espèces qui revêtent une importance culturelle. En outre, Parcs Canada utilise de plus en plus le cadre de gestion adaptative Standards ouverts pour la pratique de la conservation (les Standards de conservation) afin d'appuyer et d'éclairer le processus d'élaboration des plans d'action.
La mise en œuvre des mesures de conservation et de rétablissement énoncées dans ces plans d'action est souvent intégrée au cadre des programmes de conservation de Parcs Canada. L'intégrité écologique est une pierre angulaire du mandat de Parcs Canada, soit la protection et la mise en valeur d'exemples représentatifs du patrimoine naturel du Canada. Il s'agit de la priorité absolue dans la gestion des parcs nationaux du Canada. En plus des mesures de protection prévues par la LEP, les espèces en péril, leur résidence et leur habitat dans les lieux gérés par Parcs Canada sont souvent protégés en vertu d'autres lois et règlements fédéraux, notamment la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs et ses règlements d'application, la Loi sur les pêches, la Loi sur les parcs nationaux du Canada et la Loi sur les aires marines nationales de conservation du Canada.
1.2 Parc national des Prairies
Le parc national des Prairies (PNP) a été créé en 1981 et couvre 844 km2 dans le sud-ouest de la Saskatchewan (figure 1). Il est le premier et le seul parc national du Canada créé pour protéger un exemple représentatif de la prairie mixte et de la région naturelle des Prairies. L'érosion causée par l'eau de fonte des glaces a formé bon nombre des éléments caractéristiques du parc. Le bloc Ouest englobe la vallée de la rivière Frenchman, et le bloc Est, les badlands du ruisseau Rock et les hautes terres du mont Wood. Le paysage du parc est unique avec son climat rigoureux semi-aride où les herbes sont les plantes dominantes. Dans les coulées et les fonds de vallées, on retrouve une humidité accrue où des arbustes et des arbres se sont établis. Historiquement, le paysage a toujours présenté du pâturage, et celui-ci est nécessaire pour la fonction de l'écosystème.
Malgré sa petite taille, le parc abrite une grande diversité de flore et de faune, y compris de nombreuses espèces en péril, dont beaucoup sont à l'extrémité nord de leur aire de répartition en Amérique du Nord. Le parc abrite plus de 40 espèces inscrites à l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril, et plus de 90 % du parc est constitué de l'habitat essentiel de ces espèces. En particulier, le parc protège le dernier lek (terrain d'accouplement) actif connu du tétras des armoises en Saskatchewan, environ les deux tiers du parc étant protégés par un décret d'urgence visant la protection de l'espèce. En outre, la seule population sauvage restante de chiens de prairie (non incluse dans le présent plan d'action, car elle est déjà prise en charge dans le document intitulé Programme de rétablissement et plan d'action visant le chien de prairie (Cynomys ludovicianus) au Canada [2021]) se trouve dans le parc national des Prairies et ses environs immédiats, et représente un soutien pour plusieurs autres espèces en péril, notamment la chevêche des terriers, le pluvier montagnard, le blaireau d'Amérique, le crotale des prairies et la buse rouilleuse. Enfin, des espèces antérieurement disparues, comme le bison des plaines et le renard véloce, ont été réintroduites dans le parc. La harde de bisons des plaines du parc national des Prairies figure parmi les plus importantes et les plus diversifiées sur le plan génétique dans les prairies mixtes non perturbées du Canada. Ce ne sont là que quelques exemples du rôle essentiel que joue le parc dans la conservation des espèces en péril.
Ce plan d'action pour le parc national des Prairies vient compléter celui, plus vaste, intitulé Plan d'action visant plusieurs espèces en péril dans le sud-ouest de la Saskatchewan – South of the Divide, élaboré par Environnement et Changement climatique Canada et la province de la Saskatchewan (Environnement et Changement climatique Canada, 2017). Cet autre plan d'action englobe la partie du bassin hydrographique de la rivière Milk s'écoulant en Saskatchewan, sans comprendre le parc national des Prairies. Le gouvernement fédéral et le gouvernement de la Saskatchewan collaborent pour assurer la conservation de la faune dans cette région du sud-ouest de la Saskatchewan.
1.3 Portée du plan d'action
Le présent plan d'action est géographiquement axé sur les terres et les eaux gérées par Parcs Canada dans le parc national des Prairies (figure 1). Ce plan ne comprend pas les lieux historiques nationaux inclus dans le plan d'action visant des espèces multiples de 2016 (lieux historiques nationaux du Fort-Walsh et du Massacre-de-Cypress Hills).
1.3.1. Portée géographique
La portée géographique de ce plan d'action comprend toutes les terres et les eaux appartenant au gouvernement fédéral et gérées par le parc national des Prairies (terres du parc national et terres visées par un programme comme illustré à la figure 1). Le présent plan d'action a été rédigé expressément pour le parc national des Prairies afin de remplir les responsabilités légales de Parcs Canada et de répondre à des menaces précises ainsi qu'aux lois et aux priorités de gestion de ce parc, qui peuvent différer de celles touchant d'autres secteurs. Toutefois, il a été élaboré et sera mis en œuvre en collaboration avec des partenaires au sein du paysage élargi afin de maximiser les avantages en matière de conservation et de rétablissement des espèces.
Description longue de l'image
La figure 1 est une carte montrant les limites du parc national des Prairies dans le sud-ouest de la Saskatchewan, y compris le bloc Ouest centré sur la vallée de la rivière Frenchman et le bloc Est comprenant les badlands de Rock Creek et les hautes terres de Wood Mountain. La carte indique les limites du parc national et les terres de programme administrées par Parcs Canada.
1.3.2. Portée relative aux espèces
Le présent plan d'action vise 33 espèces inscrites sur la liste de la LEP et 4 espèces dont la conservation est préoccupante qui sont régulièrement présentes dans le parc national des Prairies (tableau 1). Parmi les espèces inscrites à l'annexe 1 de la LEP, 21 sont disparues du pays, en voie de disparition ou menacées (lesquelles nécessitent un plan d'action en vertu de l'article 47 de la LEP) et 12 sont des espèces préoccupantes. Les espèces visées par le présent plan ont été sélectionnées en fonction des critères suivants : 1) l'influence que Parcs Canada et ses partenaires pourraient avoir sur le rétablissement et l'atteinte des objectifs en matière de population et de répartition; 2) la capacité de l'espèce de représenter les besoins d'autres espèces en péril; 3) la nécessité d'offrir des perspectives régionales et le désir de mettre à l'essai les stratégies existantes en matière de conservation des espèces afin d'en connaître l'efficacité. Veuillez noter qu'au cours de la mise en œuvre de ce plan, l'évaluation du COSEPAC ou la situation selon la LEP de certaines espèces pourrait changer.
| Espèce | Nom scientifique | Situation selon le COSEPAC | Situation selon l'annexe 1 de la LEP |
|---|---|---|---|
| Blaireau d'Amérique de la sous-espèce taxus* | Taxidea taxus taxus | Préoccupante | Préoccupante |
| Bruant de Baird | Centronyx bairdii | Préoccupante | Préoccupante |
| Hirondelle de rivage | Riparia riparia | Menacée | Menacée |
| Hirondelle rustique | Hirundo rustica | Préoccupante | Menacée |
| Putois d'Amérique | Mustela nigripes | Disparue du pays | Disparue du pays |
| Goglu des prés | Dolichonyx oryzivorus | Préoccupante | Menacée |
| Couleuvre gaufre de Say | Pituophis catenifer sayi | Préoccupante | Préoccupante |
| Chevêche des terriers | Athene cunicularia | En voie de disparition | En voie de disparition |
| Plectrophane à ventre noir | Calcarius ornatus | En voie de disparition | En voie de disparition |
| Engoulevent d'Amérique | Chordeiles minor | Préoccupante | Préoccupante |
| Chauve-souris rousse de l'Est | Lasiurus borealis | En voie de disparition | Non inscrite |
| Couleuvre agile à ventre jaune de l'Est | Coluber constrictor flaviventris | Menacée | Menacée |
| Buse rouilleuse | Buteo regalis | Préoccupante | Menacée |
| Tétras des armoises de la sous-espèce urophasianus | Centrocercus urophasianus urophasianus | En voie de disparition | En voie de disparition |
| Lézard à petites cornes majeur | Phrynosoma hernandesi | Préoccupante | Préoccupante |
| Chauve-souris cendrée | Lasiurus cinereus | En voie de disparition | Non inscrite |
| Bruant noir et blanc | Calamospiza melanocorys | Menacée | Menacée |
| Petite chauve-souris brune | Myotis lucifugus | En voie de disparition | En voie de disparition |
| Pie-grièche migratrice de la sous-espèce des Prairies | Lanius ludovicianus excubitorides | Menacée | Menacée |
| Courlis à long bec | Numenius americanus | Menacée | Préoccupante |
| Monarque | Danaus plexippus | En voie de disparition | En voie de disparition |
| Mormon, population des Prairies | Apodemia mormo | Préoccupante | Préoccupante |
| Pluvier montagnard | Charadrius montanus | En voie de disparition | En voie de disparition |
| Coccinelle à neuf points | Coccinella novemnotata | En voie de disparition | En voie de disparition |
| Grenouille léopard, populations des Prairies et de l'ouest de la zone boréale | Lithobates pipiens | Préoccupante | Préoccupante |
| Bison des plaines | Bison bison bison | Menacée | Non inscrite |
| Couleuvre à groin des plaines | Heterodon nasicus | Préoccupante | Préoccupante |
| Méné des plaines | Hybognathus placitus | Menacée | Menacée |
| Crotale des prairies | Crotalus viridis | Préoccupante | Préoccupante |
| Moqueur des armoises | Oreoscoptes montanus | En voie de disparition | En voie de disparition |
| Hibou des marais | Asio flammeus | Menacée | Préoccupante |
| Chauve-souris argentée | Lasionycteris noctivagans | En voie de disparition | Non inscrite |
| Harfang des neiges | Bubo scandiacus | Menacée | Non inscrite |
| Pipit de Sprague | Anthus spragueii | Menacée | Menacée |
| Renard véloce | Vulpes velox | Menacée | Menacée |
| Plectrophane de McCown | Rhynchophanes mccownii | Menacée | Menacée |
| Bourdon de l'Ouest | Bombus occidentalis | Menacée | Menacée |
| Salamandre tigrée de l'Ouest, population boréale et des Prairies | Ambystoma mavortium | Préoccupante | Préoccupante |
2. Objectifs propres au parc en matière de population et de répartition
La possibilité pour Parcs Canada de prendre des mesures de gestion directes dans le parc qui contribueront de façon mesurable au rétablissement de chacune des espèces a été évaluée. Des objectifs propres au parc en matière de population et de répartition ont été établis pour 10 espèces (annexe A). Ces objectifs déterminent la contribution que les mesures de conservation et de rétablissement mises en œuvre dans le parc ou en collaboration avec des partenaires peuvent apporter à la réalisation des objectifs nationaux établis dans les programmes de rétablissement et les plans de gestion de la LEP.
Le suivi des progrès accomplis dans la réalisation des objectifs propres au parc au fil du temps permettra de déterminer si la mise en œuvre des mesures de conservation et de rétablissement (précisées aux annexes B et C) a l'incidence souhaitée sur le rétablissement des espèces.
Pour plusieurs espèces, la principale contribution de Parcs Canada à la conservation consiste à s'assurer que les mesures de protection sont maintenues afin de protéger les espèces et leur habitat. Dans de tels cas, le rétablissement ne peut pas être influencé de manière sensible par les mesures de gestion que le parc met en œuvre; il n'est donc pas approprié d'établir des objectifs propres au parc en matière de population et de répartition. Cette situation peut être causée par une ou plusieurs des circonstances suivantes touchant le parc : 1) il n'y a pas ou presque pas de menaces connues; 2) aucune mesure de gestion réalisable ne permet d'atténuer les menaces; 3) seule une petite partie de l'aire de répartition de l'espèce se trouve dans le parc; ainsi, l'incidence des mesures de gestion ne peut pas être mesurée. Dans de tels cas, les mesures de conservation peuvent se limiter aux mesures de protection en place en vertu de lois fédérales, comme la Loi sur les parcs nationaux du Canada, la Loi sur l'évaluation d'impact, la Loi sur les pêches, la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs et la LEP. D'autres efforts peuvent être déployés, notamment la prise de mesures de rétablissement, comme l'éducation et la sensibilisation, la préservation de l'habitat et le comblement des lacunes dans les connaissances grâce au dénombrement, à la recherche et à la surveillance.
3. Mesures de conservation et de rétablissement
Les mesures de conservation et de rétablissement visant à répondre aux menaces qui pèsent sur l'espèce dans le parc et à progresser vers la réalisation des objectifs établis en matière de population et de répartition ont été déterminées et classées par ordre de priorité. L'établissement des priorités a surtout tenu compte de l'efficacité écologique, mais aussi de possibilités liées à la conservation à l'échelle du paysage, à la connectivité écologique, à la conservation climato-intelligente, à la conservation guidée par les Autochtones et aux espèces qui revêtent une importance culturelle, au renforcement des partenariats, à l'expérience du visiteur et à la sensibilisation par l'éducation et la diffusion externe. L'établissement des priorités a également pris en compte les possibilités et les contraintes budgétaires. Dans la mesure du possible, Parcs Canada adopte une approche écosystémique, en donnant la priorité aux mesures qui profitent à de nombreuses espèces afin de maximiser l'efficacité et l'efficience de la protection et du rétablissement des espèces.
Au total, Parcs Canada compte mettre en œuvre 21 mesures de conservation et de rétablissement dans le parc national des Prairies (annexe B). La mise en œuvre de 24 mesures supplémentaires sera encouragée dans le cadre de partenariats ou lorsque des ressources supplémentaires seront accessibles (annexe C). Chaque mesure est associée à une ou plusieurs menaces relevées. Les cinq principales menaces abordées dans le présent plan d'action sont les suivantes : routes et chemins de fer; activités récréatives; gestion des systèmes biologiques; espèces non indigènes ou exotiques envahissantes; espèces indigènes problématiques. Chaque mesure de rétablissement est assortie d'un objectif et d'un délai de réalisation. Les objectifs de rétablissement sont conçus pour être quantifiables et réalisables au cours de la période de mise en œuvre du présent plan.
3.1 Approche des mesures de conservation et de rétablissement
La détermination et la hiérarchisation des mesures de conservation et de rétablissement ont pris en compte les possibilités d'intégrer les approches suivantes en matière de mesures de rétablissement : conservation à l'échelle du paysage, conservation climato-intelligente, connectivité écologique et conservation en collaboration avec les Autochtones et espèces culturellement importantes.
Conservation à l'échelle du paysage
Bien que le parc national des Prairies protège 844 km2 de prairies indigènes, il s'agit d'un îlot dans un paysage plus vaste de prairies et de terres agricoles appartenant à des propriétaires privés et à la province. Comme les processus écologiques et les déplacements de la faune ne sont pas limités par les frontières administratives, l'élargissement des efforts au‑delà des limites du parc, en mobilisant les propriétaires privés et le public, viendra appuyer les mesures de rétablissement que Parcs Canada met en œuvre à l'intérieur du parc national des Prairies. De telles approches collaboratives, fondées sur l'écosystème et à l'échelle du paysage, sont nécessaires pour maximiser les bénéfices en matière de conservation, en particulier pour les espèces qui ont besoin de parcelles d'habitat vastes, reliées entre elles et écologiquement diversifiées. La coopération et la coordination entre les administrations et avec les propriétaires privés sont essentielles pour protéger et gérer l'habitat des espèces en péril, améliorer la gestion des prairies à l'échelle du paysage, renforcer la résilience des écosystèmes et entraîner des améliorations à long terme de la biodiversité.
Le parc national des Prairies est situé dans le lieu prioritaire South of the Divide (sud de la ligne de partage des eaux), une région de prairies mixtes qu'Environnement et Changement climatique Canada a désignée comme l'un des 12 lieux prioritaires nationauxNote de bas de page 6 en raison de l'importance de sa biodiversité, de la concentration d'espèces en péril qu'elle renferme et de la possibilité de faire progresser la conservation qu'elle représente. Toutefois, même dans le lieu prioritaire South of the Divide, les prairies indigènes sont de plus en plus menacées. La conversion des terres, les espèces envahissantes, l'exploitation croissante des ressources et les pratiques non durables de gestion des terres érodent régulièrement ces paysages diversifiés et riches sur le plan écologique. Par conséquent, la collaboration avec les partenaires et les intervenants à l'échelle du paysage sera essentielle pour obtenir des gains en matière de conservation et faciliter le rétablissement des espèces à l'avenir. Une coordination efficace avec les administrations voisines et les organismes connexes (c'est-à-dire Environnement et changement climatique Canada, Service canadien de la faune, Pêches et océans Canada, l'Agence de sécurité de l'eau de la Saskatchewan, le ministère de l'Environnement de la Saskatchewan, le ministère de l'Agriculture de la Saskatchewan) sera assurée grâce aux cadres existants tels que le comité de coordination des espèces en péril de la Saskatchewan, les initiatives sur les lieux et les espèces prioritaires (responsable : Environnement et changement climatique Canada), le Transboundary Grasslands Partnership et les équipes de rétablissement des espèces en péril (p. ex. le groupe de travail canadien sur le tétras des armoises). On compte deux partenaires clés, soit le South of the Divide Conservation Action Program Inc. et Conservation de la nature Canada, qui ont tous deux conclu des accords de conservation sur de vastes étendues de terres dans la prairie canadienne et sont en mesure de maximiser les possibilités de gains en matière de conservation.
Conservation climato-intelligente
Une optique climato-intelligente a été utilisée au cours du processus de planification pour donner la priorité aux mesures qui devraient être durables ou efficaces sur la base des scénarios de changement climatique projetés. Les impacts du changement climatique et les espèces propres au parc ont été pris en compte sur la base de l'évaluation des menaces de l'Union internationale pour la conservation de la nature, des évaluations du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, d'autres documents sur le rétablissement et de la recherche existante lorsqu'elle était accessible. Les projections relatives au changement climatique indiquent que le parc national des Prairies devrait connaître des températures plus élevées, une augmentation de la fréquence et de la gravité des sécheresses et des conditions météorologiques extrêmes, ainsi qu'une modification des régimes de précipitations (Rizzo et Wiken, 1992, Lemmen et al., 1997, Sushama et al., 2010, Hufkens et al., 2016). La résilience des écosystèmes face à ces menaces sera assurée par des activités telles que la sélection de mélanges de graines résilientes pour la remise en état des prairies indigènes, l'utilisation stratégique de brûlages dirigés et la gestion des plantes envahissantes. L'objectif est ainsi de réduire la gravité des feux de forêt et de mettre en œuvre de pratiques de pâturage bénéfiques de manière à accroître la résilience des parcours naturels et la durabilité de l'écosystème. Lorsque les effets des changements climatiques sont inconnus, les efforts porteront surtout sur la recherche et la surveillance afin de mieux comprendre les impacts sur les espèces et d'orienter les approches d'adaptation à long terme et les éventuelles mesures d'atténuation des menaces. Enfin, il est important de tenir compte de l'influence que les changements climatiques auront sur la capacité de Parcs Canada à atteindre les objectifs en matière de population et de répartition des espèces en péril, ainsi que des pressions actuelles et nouvelles auxquelles les espèces et les écosystèmes sont confrontés en raison des menaces liées aux changements climatiques qui sont à prévoir.
Connectivité écologique
Le parc national des Prairies est divisé en deux blocs distincts, le bloc Est et le bloc Ouest, le reste des terres devant être acquises à l'intérieur des limites proposées du parc par le biais d'un processus de gré à gré. L'agrandissement constant de l'assise territoriale du parc a donné lieu à une mosaïque de terrains appartenant au parc, à la province et à des particuliers dans les limites proposées. Même dans les zones où l'habitat physique est sain, les infrastructures anthropiques (clôtures, poteaux électriques, cours, bâtiments abandonnés, sites contaminés, etc.) fragmentent et réduisent la fonctionnalité de l'habitat pour de nombreuses espèces. Le parc national des Prairies a pour objectif de restaurer ou d'améliorer la fonctionnalité et la connectivité de l'habitat grâce à des pratiques de gestion bénéfiques (p. ex. l'atténuation de la mortalité routière, l'installation de clôtures perméables à la faune, l'installation d'anti-perchoirs), à la gestion et à l'élimination des infrastructures anthropiques, et à la coordination avec les administrations et les gestionnaires des terres des environs, par exemple, le ministère de l'Environnement de la Saskatchewan, le ministère de l'Agriculture de la Saskatchewan, et les pâturages communautaires transférés de l'Administration du rétablissement agricole des Prairies et du programme de pâturages de la Saskatchewan.
L'amélioration de la connectivité écologique par la remise en état de l'habitat, la gestion des espèces envahissantes et non indigènes et les pratiques de pâturage bénéfiques figurent également parmi les principaux objectifs de gestion. Des activités de remise en état de l'habitat ont été définies pour les secteurs qui fournissent un habitat essentiel ou adéquat aux espèces en péril prioritaires dans le parc. Le parc national des Prairies prévoit de maintenir les communautés végétales indigènes par la prévention, la détection précoce et le contrôle des plantes exotiques envahissantes prioritaires qui nuisent à la qualité de l'habitat des espèces en péril. Les pratiques de pâturage bénéfiques et le programme d'évaluation de la santé des parcours naturels continueront d'être mis en œuvre sur une base annuelle dans l'ensemble du parc à l'aide d'un cadre de gestion adaptative.
Conservation guidée par les Autochtones et espèces qui revêtent une importance culturelle
Le paysage et les voies navigables qui composent la région du parc national des Prairies témoignent d'un patrimoine culturel et naturel riche et diversifié. Pendant des millénaires, cette terre a été en relation avec de nombreuses Premières Nations et ce lien existe encore aujourd'hui. De nombreux éléments de l'histoire, du patrimoine, des connaissances et de la culture sont liés aux paysages et aux espèces du parc. Et pour conserver et protéger les ressources culturelles et naturelles, il est primordial de mobiliser les nations autochtones. Le parc national des Prairies appuiera les savoirs et les pratiques culturelles propres aux nations autochtones des Prairies (Premières Nations et Métis) qui entretiennent – ou ont entretenu – des liens avec ce territoire, ainsi qu'avec les êtres autres qu'humains qui y vivent. En outre, le parc national des Prairies mettra en œuvre des activités, des programmes et des mesures de gestion des ressources culturelles et naturelles dans le cadre d'une mobilisation continue des nations autochtones, de manière à soutenir leurs objectifs concernant l'accès et les liens ainsi que les objectifs de Parcs Canada en matière d'expérience du visiteur et de conservation.
3.2 Classification des mesures
Les mesures décrites dans ce plan sont classées en fonction de la Classification des actions de conservation du Conservation Measures Partnership (CMP)Note de bas de page 7. Le plan comprend des mesures des catégories suivantes :
Gestion des milieux terrestres ou aquatiques
L'intendance des lieux patrimoniaux visant à réduire les facteurs de stress et les menaces pesant sur les espèces en péril et à améliorer les processus écosystémiques existants est un élément clé de nombreuses mesures de conservation et de rétablissement prévues dans le présent plan. Les brûlages dirigés, le pâturage bénéfique (avec les bisons et le bétail), la remise en état de l'habitat et la gestion des plantes exotiques envahissantes sont des stratégies clés qui maintiennent les processus naturels importants, lesquels font partie intégrante de la santé de l'écosystème des prairies et de l'intégrité des prairies indigènes. Ces pratiques permettent de préserver et d'améliorer l'habitat du tétras des armoises, des oiseaux chanteurs, de la chevêche des terriers et de nombreuses autres espèces en péril. La gestion de l'eau, y compris le rétablissement des régimes d'écoulement naturels et l'entretien des mares-réservoirs et des infrastructures hydrauliques, est également importante pour le maintien de l'habitat du méné des plaines, des amphibiens et des chauves-souris. Les infrastructures anthropiques (p. ex. les bâtiments, les lignes électriques, les clôtures, etc.) constituent une menace importante pour la survie du tétras des armoises et la sélection de l'habitat, car elles offrent des possibilités de perchage et de nidification/mise bas pour les prédateurs, et provoquent l'évitement de l'habitat. Le parc national des Prairies poursuivra ses efforts d'enlèvement des infrastructures et d'atténuation des impacts connexes pour favoriser le rétablissement du tétras des armoises. Des méthodes d'aménagement de clôtures respectueuses de la faune, telles que le marquage, l'enlèvement ou le remplacement des clôtures, seront ciblées dans les parcelles d'habitat prioritaires afin d'améliorer la survie du tétras des armoises et de réduire la mortalité de la faune due aux clôtures. Enfin, les mesures de coexistence entre les humains et la faune comprennent la mise en œuvre de la stratégie de gestion de la circulation dans le parc national des Prairies, et permettent de réduire la mortalité routière de diverses espèces (en particulier les serpents, la chevêche des terriers et la pie-grièche migratrice), et la résolution des problèmes de cohabitation entre les hirondelles rustiques et les visiteurs des terrains de camping.
Gestion des espèces
La gestion des espèces constitue un élément central du présent plan d'action, plusieurs mesures de conservation visant directement le rétablissement afin de soutenir les objectifs en matière de population et de répartition. Le bison des plaines est géré de manière stratégique en tant que harde de conservation et fait l'objet d'une surveillance régulière en ce qui concerne les maladies, la pureté génétique et la diversité. La population de tétras des armoises continue de décliner et risque de disparaître du parc national si des efforts de conservation soutenus ne sont pas déployés; l'augmentation de la population continue d'être considérée comme une stratégie clé pour empêcher sa disparition. Si les ressources le permettent, la surveillance et la gestion des prédateurs par des méthodes indirectes seront également envisagées, car la réduction des facteurs qui favorisent le succès des prédateurs est actuellement considérée comme l'une des principales priorités pour assurer la persistance du tétras des armoises au Canada (Environment Canada 2014a). Enfin, comme les phénomènes météorologiques extrêmes deviennent plus fréquents et plus graves, l'alimentation complémentaire des chevêches des terriers continuera d'être envisagée pour assurer leur survie.
Sensibilisation
En raison de la taille réduite et de la nature fragmentée du parc national des Prairies, le rétablissement des espèces en péril repose souvent sur des partenariats, des activités de diffusion externe et d'éducation avec les intervenants et les visiteurs. Le personnel de Parcs Canada continuera à communiquer sur les questions de conservation liées au tétras des armoises, à la chevêche des terriers, au bison des plaines et aux serpents, dans l'intention d'influencer le comportement humain afin de réduire les menaces. En tant qu'espèce prioritaire,Note de bas de page 8 le tétras des armoises fera l'objet d'un plan de communication particulier pour soutenir les efforts de rétablissement. La sensibilisation des communautés autochtones à la gestion du bison et aux possibilités d'intendance autochtone sera également prioritaire, et il faudra veiller à ce que les initiatives ciblées par les communautés reçoivent l'appui nécessaire.
Désignation et planification de la conservation
La planification d'activités de remise en état et d'amélioration de l'habitat constitue l'une des premières étapes essentielles du rétablissement d'espèces. Selon la disponibilité des ressources, le parc national des Prairies vise à élaborer un plan d'action spatialement explicite afin d'optimiser l'habitat de l'armoise pour le tétras des armoises. Par rapport à d'autres régions, le parc a une faible couverture d'armoise, même dans les parcelles d'habitat dominées par l'armoise. L'amélioration de la qualité des plaines d'armoise, en coordination avec la remise en état des prairies humides, contribuerait à améliorer l'habitat de nidification et d'élevage des oisillons pour le tétras des armoises et d'autres espèces qui dépendent de la communauté d'armoise dans le parc.
Recherche et surveillance
Les lacunes dans les connaissances constituent des obstacles majeurs à l'élaboration et à la mise en œuvre de mesures efficaces de conservation et de rétablissement pour de nombreuses espèces en péril. La recherche, les relevés et la surveillance sont essentiels pour améliorer la compréhension de l'écologie, de la répartition, de la situation et des tendances des populations à l'échelle locale et régionale. Ces informations permettent une protection plus efficace et la mise en œuvre en temps utile de mesures de gestion active et d'atténuation des menaces. La surveillance de la répartition des espèces, des tendances démographiques, de l'utilisation de l'habitat, des maladies, de la diversité génétique, de la mortalité routière, des prédateurs et de l'utilisation des structures anthropiques fournira des données précieuses pour orienter les décisions en matière de conservation, tout en maintenant un équilibre sain entre le suivi et la gestion active.
Partenariats et collaborationsNote de bas de page 9
L'établissement de relations, de partenariats et de collaborations est au cœur du présent plan d'action. Les recherches et les collaborations sont particulièrement intéressantes pour comprendre la dynamique des populations à l'échelle du paysage et l'utilisation de l'habitat par la chevêche des terriers, les oiseaux chanteurs, les chauves-souris, le lézard à petites cornes majeur et le renard véloce, même si bon nombre de ces mesures nécessiteraient un financement supplémentaire. Le rétablissement du tétras des armoises, du fait qu'il s'agit d'une espèce à répartition étendue, dépend d'une action coordonnée à l'échelle du paysage avec les partenaires et les intervenants afin de réaliser des gains en matière de conservation; la collaboration continue avec les initiatives sur le lieu prioritaire South of the Divide – Sud de la ligne de partage des eaux Note de bas de page 10 et sur les espèces prioritaires demeure essentielle à cet effort. En outre, le parc national des Prairies continuera à mobiliser les collectivités locales, les visiteurs et les bénévoles dans l'amélioration de l'intégrité écologique et le soutien au rétablissement des espèces. La diversité des visiteurs du parc offre de précieuses occasions de se rapprocher du public en les faisant participer directement à des programmes de science citoyenne et de bénévolat dans le domaine de la conservation des ressources.
4. Habitat Essentiel
En vertu du paragraphe 2(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP), l'habitat essentiel est défini comme « l'habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d'une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d'action élaboré à l'égard de l'espèce ». Lorsque le programme de rétablissement d'une espèce indique que la désignation de l'habitat essentiel n'est pas terminée, un calendrier d'études est prévu pour recueillir des renseignements supplémentaires afin d'achever cette tâche. Des parcelles d'habitat essentiel supplémentaire peuvent être désignées dans un programme de rétablissement modifié ou dans un plan d'action à venir ou modifié pour l'espèce.
Des parcelles d'habitat essentiel ont été désignées dans le parc national des Prairies dans le cadre des programmes de rétablissement du putois d'Amérique (Tuckwell et Everest, 2009), du chien de prairie (Agence Parcs Canada, 2021), de la chevêche des terriers (Environnement Canada, 2012), du plectrophane à ventre noir (Environnement Canada, 2018), de la couleuvre agile à ventre jaune de l'Est (Agence Parcs Canada, 2010), du tétras des armoises (Environnement Canada, 2014a) et du méné des plaines (Pêches et Océans Canada, 2025).
Un habitat essentiel supplémentaire est désigné dans le parc national des Prairies dans le présent plan d'action pour la couleuvre agile à ventre jaune, le pluvier montagnard, la pie-grièche migratrice des Prairies, le pipit de Sprague et le renard véloce. Ces désignations sont reprises du plan d'action de 2016 et demeurent valides. Étant donné que le lézard à petites cornes majeur et le mormon ont été déclassés de la catégorie « espèce menacée » à la catégorie « espèce préoccupante », l'habitat essentiel désigné dans le plan d'action de 2016 pour ces espèces ne s'applique plus. Lorsqu'elles sont disponibles, les données spatiales sur l'habitat essentiel se trouvent dans l'ensemble de données nationales sur l'habitat essentiel des espèces en périlNote de bas de page 11.
4.1 Désignation de l'habitat essentiel de la couleuvre agile à ventre jaune de l'Est
Caractéristiques biophysiques
En raison du manque de connaissances des besoins en matière d'habitat de la couleuvre agile à ventre jaune de l'Est, pour le moment, seuls les hibernacles actifs ont été désignés comme habitat essentiel au Canada. Sept hibernacles actifs (sites d'hivernage) ont été désignés comme habitat essentiel dans le programme de rétablissement de la couleuvre agile à ventre jaune de l'Est (Coluber constrictor flaviventris) au Canada (Parcs Canada, 2010) et deux zones d'habitat essentiel sont définies dans le présent plan d'action (figure 2). D'autres sites pourraient être désignés ultérieurement à mesure que l'on obtiendra des informations.
Les attributs biophysiques de l'habitat essentiel sont décrits dans le programme de rétablissement (Agence Parcs Canada, 2010).
Exemples d'activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel
Voici une liste non exhaustive des activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel de la couleuvre agile à ventre jaune de l'Est :
- Activités qui entraînant le remblayage ou l'inondation d'un hibernacle et son effondrement, en bloquent l'entrée ou en modifient les conditions thermiques (pente, exposition, position et réflectance de la surface), de sorte qu'il ne peut plus être utilisé par l'espèce.
Les exemples peuvent inclure :
- remblayage de l'hibernacle et de son entrée par du sol, du gravier ou des cailloux;
- inondation intentionnelle.
- Piétinement excessif qui entraîne l'effondrement de l'hibernacle ou le compactage du sol, ce qui se traduit par une perte de qualité du gîte ou de la zone environnante, laquelle peut contenir des sites de ponte.
Les exemples peuvent inclure :
- pâturage intensif du bétail qui provoque l'effondrement de l'ouverture de l'hibernacle ou le compactage du sol sur les sites de ponte;
- activités industrielles qui provoquent l'effondrement de l'hibernacle ou le compactage du sol;
- utilisation de véhicules à quatre roues provoquant l'effondrement de l'hibernacle ou le piétinement des sites de ponte.
- Activités qui entraînent la perte des prairies mixtes ou des fourrés d'armoises, ou qui modifient de façon permanente la composition et la structure de la végétation, menant à la réduction de la couverture et de la stabilité du sol, de sorte que la capacité de la couleuvre agile à ventre jaune de l'Est de détecter les prédateurs et les proies est affaiblie.
Les exemples peuvent inclure :
- activités agricoles qui transforment les prairies en terres cultivées;
- pratiques de pâturage non durables qui entraînent de graves réductions de la structure ou de la composition de la végétation;
- activités industrielles qui éliminent les prairies indigènes par l'aménagement de sentiers, de routes et d'infrastructures.
Description longue de l'image
Carte montrant l'habitat essentiel de la Couleuvre agile à ventre jaune de l'Est (Coluber constrictor flaviventris) dans le parc national des Prairies. Les polygones ombrés contiennent des zones d'habitat essentiel qui répondent aux attributs biophysiques et aux critères décrits dans le présent plan d'action. La carte comprend les limites du bloc Ouest du parc ainsi que les terres adjacentes. Les zones à l'extérieur des polygones ombrés ne contiennent pas d'habitat essentiel désigné.
4.2 Désignation de l'habitat essentiel du pluvier montagnard
Caractéristiques biophysiques
Dans le programme de rétablissement du pluvier montagnard, les données étaient insuffisantes pour définir l'habitat essentiel de l'espèce (Environnement Canada, 2006). Depuis, des données suffisantes ont été acquises, permettant l'établissement de critères pour la désignation de son habitat essentiel dans le présent plan d'action. Pour assurer le plein rétablissement de l'espèce, il faudrait en désigner d'autres parcelles.
L'objectif national de rétablissement du pluvier montagnard consiste à maintenir la récente abondance de cette espèce et sa répartition au Canada (Environnement Canada, 2006). Des données passées et actuelles sur cette abondance manquent en raison de la faible densité de la population, probablement parce que l'espèce se concentre à la limite nord de son aire de répartition, ce qui est conjugué à la difficulté d'observer les individus. On peut cependant présumer que la répartition dans le parc national des Prairies doit à tout le moins être maintenue s'il s'agit de contribuer à atteindre l'objectif de rétablissement national. Par conséquent, tout l'habitat propice à la reproduction du pluvier montagnard a été désigné l'habitat essentiel.
Dans ce plan d'action, l'habitat essentiel du pluvier montagnard englobe un habitat tout désigné pour les colonies de chiens de prairie, que le pluvier apprécie tout particulièrement. Les colonies de chiens de prairie représentent un type d'habitat très adéquat pour le pluvier montagnard, qu'il privilégie particulièrement (Knowles et Stoner, 1982; Dinsmore et al., 2005; Childers et Dinsmore, 2008; Tipton et al., 2009). La plupart des pluviers montagnards qui se reproduisent en Saskatchewan côtoient des colonies de chiens de prairie. Le taux de survie des oisillons y est également plus élevé par rapport à d'autres habitats (Dreitz, 2009). Compte tenu de la préférence de l'espèce pour les colonies de chiens de prairie et la facilité avec laquelle cette espèce peut échapper aux relevés, toutes les colonies sont considérées comme un habitat de haute qualité où le pluvier montagnard a de fortes probabilités de se reproduire.
Le pluvier montagnard peut également se reproduire hors des colonies de chiens de prairie, qui sont limitées dans leur répartition et leur étendue dans le sud-ouest de la Saskatchewan (Knapton et al., 2006). Pour maintenir la répartition de l'espèce, il importe d'inclure d'autres sites propices à la reproduction. La désignation de l'habitat essentiel repose donc également sur des données attestant de sites de reproduction avérés ou probables, auxquelles il faut ajouter un rayon de 500 m autour de chaque occurrence. La zone d'un rayon de 500 m est basée sur les déplacements observés des individus reproducteurs à partir des sites de nidification et est censée fournir la superficie nécessaire au déroulement complet des étapes de nidification et d'élevage des oisillons (Graul, 1975; Knopf et Rupert, 1995; Dreitz et al., 2005). Les deux critères suivants ont été utilisés pour désigner l'habitat essentiel :
- la reproduction avérée (p. ex. couples territoriaux, nids, œufs ou jeunes ayant pris leur envol) ou probable (p. ex. individus dans un habitat adéquat à la période appropriée de l'année) a été documentée avec précision à l'aide d'une cartographie ou d'un système de référencement géographique précis;
- la région comprend toujours un habitat propice à la nidification.
Les caractéristiques biophysiques de l'habitat essentiel du pluvier montagnard sont les suivantes (Graul, 1975; Knowles et Stoner, 1982; Knopf et Rupert, 1995; Dechant et al., 1998; Environnement Canada, 2006) :
- présence de chiens de prairie et caractéristiques de l'habitat des colonies qui y sont associées; ou
- une combinaison des facteurs suivants :
- vaste étendue de prairie indigène ouverte (au moins 80 ha);
- unités de gestion de la prairie indigène qui sont modérément à fortement broutées (herbes mixtes ou courtes, généralement de moins de 10 cm de hauteur);
- présence de sol nu (entre 30 % et 70 %);
- visibilité horizontale élevée (zones ouvertes dont la pente est de moins de 5 %);
- végétation ligneuse limitée;
- invasion limitée par les graminées exotiques.
L'habitat essentiel désigné dans le présent plan d'action représente la totalité de l'habitat connu utilisé par le pluvier montagnard dans le parc national des Prairies; par conséquent, il est considéré comme suffisant pour permettre au parc de contribuer de manière importante à l'atteinte des objectifs nationaux en matière de population et de répartition pour l'espèce (figure 3).
Exemples d'activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel
Les activités suivantes, entre autres, contribuent à détruire l'habitat essentiel du pluvier montagnard :
- Les activités qui éliminent ou qui convertissent les prairies indigènes, ce qui les rend impropres pour le pluvier montagnard ou limite la capacité de l'espèce à rechercher de la nourriture, à se reproduire, à construire son nid et à élever ses jeunes.
Les exemples peuvent inclure :
- conversion des prairies indigènes en terres affectées à la culture de plantes annuelles ou de plantes fourragères;
- extraction de gravier;
- construction de nouvelles infrastructures telles que des routes, des puits, des pipelines de grand diamètre et de grands complexes immobiliers;
- inondation ou remblayage délibérés.
- Les activités qui fragmentent de grandes étendues de prairie indigène, augmentant ainsi la pression par les prédateurs et réduisant le succès de reproduction.
Par exemple :
- aménagement de nouveaux coupe-feu permanents et construction de nouvelles routes.
- Les activités qui détruisent l'étendue et la fonction des colonies de chiens de prairie.
Par exemple :
- abattage ou élimination délibérés de chiens de prairie, de sorte que les colonies sont réduites en taille ou abandonnées, ce qui permet à la végétation de se densifier et de prendre de la hauteur dans des zones où elle était nue et clairsemée. Le pluvier montagnard n'utilisera pas ces zones pour se reproduire.
- Les activités qui favorisent ou renforcent la croissance de la végétation indigène et non indigène, de sorte que la zone n'est plus propice à la nidification ou à la recherche de nourriture. On sait que de telles zones attirent davantage les prédateurs, comme les renards et les écureuils, qui se nourrissent des œufs de pluviers.
Les exemples peuvent inclure :
- plantation délibérée de plantes herbacées, d'arbustes ou d'arbres, ou introduction d'espèces envahissantes qui supplantent la végétation indigène.
Description longue de l'image
Carte montrant l'habitat essentiel du Pluvier montagnard (Charadrius montanus) dans le parc national des Prairies. Les polygones ombrés contiennent des zones d'habitat essentiel qui répondent aux attributs biophysiques et aux critères décrits dans le présent plan d'action. La carte comprend les limites du bloc Ouest du parc ainsi que les terres adjacentes. Les zones à l'extérieur des polygones ombrés ne contiennent pas d'habitat essentiel désigné.
4.3 Désignation de l'habitat essentiel de la pie-grièche migratrice de la sous-espèce des Prairies
Caractéristiques biophysiques
Une partie de l'habitat essentiel de la pie-grièche migratrice de la sous-espèce des Prairies a déjà fait l'objet d'une désignation dans le programme de rétablissement de l'espèce (Environnement Canada, 2014b) pour une zone située en Alberta. Le présent plan d'action désigne l'habitat essentiel de l'espèce dans le parc national des Prairies.
La pie-grièche migratrice de la sous-espèce des Prairies est présente dans deux types de milieux du parc national et de son aire de répartition. Le premier est composé de grands arbustes sur les terres agricoles. Le deuxième est composé de grands arbustes clairsemés dans de grands espaces contigus de prairie naturelle. Même si la pie-grièche migratrice des Prairies affiche le comportement distinctif d'empaler ses proies sur des objets tranchants et peut utiliser à cette fin des arbustes épineux, les grands arbustes ont pour rôle essentiel de fournir un habitat de nidification et des perchoirs. Le programme de rétablissement exige le maintien de l'aire de répartition de l'espèce dans les prairies et des effectifs de la population dans la région (Environnement Canada, 2014b). Dans la région du parc national des Prairies, il faut au minimum maintenir l'aire de répartition actuelle pour contribuer à atteindre l'objectif de rétablissement national. Par conséquent, l'ensemble des prairies naturelles réputées être utilisées par la pie-grièche migratrice des Prairies et répondant aux critères établis est désigné habitat essentiel.
Dans le présent plan d'action, l'habitat essentiel au sein des prairies naturelles a été désigné suivant les deux critères établis dans le programme de rétablissement (Environnement Canada, 2014b). Ces critères sont basés sur des avis d'expert, qui constituent la meilleure information accessible à ce jour, mais ils pourraient être perfectionnés advenant de meilleurs renseignements :
- grands espaces contigus de prairies naturelles situés à moins de 400 m de grands arbustes bien dispersés, d'une hauteur de 2 à 3 m et d'une faible densité (moins de 30 % de couverture, variable d'un site à l'autre);
- densité de pies-grièches d'au moins 0,5 couple nicheur apparent par kilomètre carré, selon les relevés de 2003 à 2010.
L'habitat essentiel a été désigné à partir d'images satellites haute résolution afin de créer manuellement un polygone de superficie minimale qui entoure la zone de grands arbustes utilisés pour la nidification, auquel a été ajouté un rayon de 400 m de prairies. Le rayon de 400 m est basé sur les déplacements observés des pies-grièches à partir des sites de nidification, et devrait offrir un habitat d'alimentation aux oiseaux qui font leur nid le long de la périphérie de la zone des grands arbustes. On estime que la majeure partie de cette zone de l'habitat essentiel a un couvert arbustif de moins de 5 %, ce qui respecte les critères ci-dessus. Elle est située le long du chenal d'eau de fonte glaciaire de la rivière Frenchman (figure 4).
Exemples d'activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel
Les activités suivantes, entre autres, contribuent à détruire l'habitat essentiel de la pie-grièche migratrice de la sous-espèce des Prairies :
- Réduction importante du couvert arbustif et entrave à la croissance des arbustes. Ces activités peuvent détruire l'habitat essentiel parce qu'elles éliminent l'habitat de nidification et/ou les perchoirs, réduisant ainsi la probabilité que la population de pies-grièches soit maintenue dans toute l'aire de répartition.
Au nombre de ces activités, signalons les suivantes :
- brûlage annuel répété ou élimination mécanique de parcelles de grands arbustes;
- modification des régimes hydrologiques des zones riveraines;
- modification de l'habitat par tout autre moyen.
- La conversion de grandes superficies de prairie naturelle en terres cultivées, en infrastructure ou en bâtiments. Cela peut réduire la qualité de l'habitat au point que les pies-grièches l'évitent ou qu'il n'offre plus un nombre suffisant de proies.
Au nombre de ces activités, signalons les suivantes :
- conversion de prairies en terres cultivées;
- aménagement d'infrastructures anthropiques comme des résidences, d'autres bâtiments, des routes, des coupe-feu et des infrastructures industrielles.
- Le broutage excessif par le bétail qui réduit considérablement la disponibilité des proies dans les aires de chasse des prairies ou qui réduit le nombre des sites de nidification ou des perchoirs dans les grands arbustes à cause des dommages excessifs causés par le bétail. Ces effets peuvent diminuer la productivité des pies-grièches, ce qui réduit la probabilité que la population de pies-grièches puisse se maintenir dans toute l'aire de répartition.
On ne dispose pas de renseignements suffisants pour établir le seuil des niveaux d'activité qui entraînent la destruction de l'habitat essentiel. Il faudra évaluer les modifications apportées ou proposées à la couverture des arbustes et des prairies au sein de l'habitat essentiel au cas par cas pour déterminer si elles répondent à la définition de la destruction de l'habitat.
Une action donnée peut ou non entraîner la destruction de l'habitat essentiel; cependant, considérés dans le contexte de toutes les activités présentes et futures d'aménagement, les effets cumulatifs peuvent avoir ce résultat.
Description longue de l'image
Carte montrant l'habitat essentiel de la Pie-grièche migratrice, sous-espèce des Prairies (Lanius ludovicianus excubitorides), dans le parc national des Prairies. Les polygones ombrés contiennent des zones d'habitat essentiel qui répondent aux attributs biophysiques et aux critères décrits dans le présent plan d'action. La carte comprend les limites du bloc Ouest du parc ainsi que les terres adjacentes. Les zones à l'extérieur des polygones ombrés ne contiennent pas d'habitat essentiel désigné.
4.4 Désignation de l'habitat essentiel du pipit de Sprague
Caractéristiques biophysiques
Une partie de l'habitat essentiel du pipit de Sprague a déjà fait l'objet d'une désignation dans le programme de rétablissement modifié de l'espèce (Environnement Canada, 2012). L'habitat essentiel désigné dans le présent plan d'action remplace celui qui a été désigné dans le programme de rétablissement modifié pour le parc national des Prairies.
Les caractéristiques biophysiques sont décrites dans le programme de rétablissement modifié du pipit de Sprague (Environnement Canada, 2012).
Dans le présent plan d'action, l'habitat essentiel du pipit de Sprague est déterminé selon l'approche présentée dans le Plan d'action visant plusieurs espèces en péril dans le sud-ouest de la Saskatchewan – South of the Divide (Environnement et Changement climatique Canada, 2017). En résumé, comme indiqué dans le programme de rétablissement (Environnement Canada, 2012), l'« approche 2 » a été appliquée en utilisant un modèle de prévision spatialement explicite, basé sur les données d'occurrence du pipit de Sprague recueillies de 2002 à 2011, ainsi que sur des données de télédétection sur l'habitat. Les modèles étaient fondés sur 1 153 sites sélectionnés au hasard où l'on a observé des pipits de Sprague territoriaux, de même que sur 3 997 autres sites sélectionnés au hasard et utilisés pour caractériser l'habitat généralement existant dans la région au sud de la ligne de partage des eaux. Il était nécessaire de se fier à des modèles de prévision, car les relevés et les observations sont largement dispersés et tendent à n'échantillonner qu'une petite proportion d'une zone donnée. L'utilisation de modèles de prévision est une approche de précaution qui permet de déterminer le caractère convenable potentiel des sites qui n'ont pas été échantillonnés, mais qui devraient raisonnablement être habités par les pipits. Les modèles ont été validés à l'aide d'ensembles de données indépendantes : le modèle définitif prévoyait correctement 90 % des emplacements connus du pipit de Sprague. Le modèle prédictif a été validé sur le terrain, dans le parc, et le polygone d'habitat essentiel a été corrigé en conséquence (figures 5 et 6).
Exemples d'activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel
Le programme de rétablissement modifié du pipit de Sprague (Environnement Canada, 2012) décrit des exemples d'activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel.
Description longue de l'image
Carte indiquant l'habitat essentiel du Renard véloce (Vulpes velox) dans le bloc Ouest du parc national des Prairies. Les polygones ombrés contiennent des zones d'habitat essentiel qui répondent aux attributs biophysiques et aux critères décrits dans le présent plan d'action. La carte comprend les limites du bloc Ouest du parc ainsi que les terres adjacentes. Les zones à l'extérieur des polygones ombrés ne sont pas désignées comme habitat essentiel.
Description longue de l'image
Carte indiquant l'habitat essentiel du Renard véloce (Vulpes velox) dans le bloc Est du parc national des Prairies. Les polygones ombrés contiennent des zones d'habitat essentiel qui répondent aux attributs biophysiques et aux critères décrits dans le présent plan d'action. La carte comprend les limites du bloc Est du parc ainsi que les terres adjacentes. Les zones à l'extérieur des polygones ombrés ne sont pas désignées comme habitat essentiel.
4.5 Désignation de l'habitat essentiel du renard véloce
Caractéristiques biophysiques
La désignation de l'habitat essentiel se fonde sur une analyse de l'ensemble de l'aire de répartition, notamment de la quantité, des emplacements et des caractéristiques des zones d'occupation actuelle du renard véloce au Canada. Toutefois, les estimations actuelles de la population canadienne de renards véloces sont inférieures à l'objectif de rétablissement à long terme pour cette espèce (COSEPAC, 2009, Pruss et al., 2008). Par conséquent, tout habitat convenable actuellement occupé par cette espèce, ou qui pourrait l'être selon les informations disponibles les plus pertinentes, représente nécessairement un habitat essentiel pour la survie ou le rétablissement de cette espèce au Canada.
Données et méthodes utilisées pour désigner l'habitat essentiel
Pour déterminer l'emplacement et les caractéristiques de l'habitat essentiel, on s'est appuyé sur les meilleures données accessibles, y compris les résultats d'une étude de modélisation de l'habitat, d'autres données scientifiques sur les besoins saisonniers en matière d'habitat de l'espèce, et sur des données de terrain recueillies par des provinces, des universités, des organisations sans but lucratif et des ministères fédéraux.
Un modèle permettant de prévoir l'occurrence des renards véloces a été créé dans la foulée de la méthode utilisée par Moehrenschlager et al. (2007a). En collaboration avec M. Moehrenschlager, du zoo de Calgary, Parcs Canada a mis au point un nouveau modèle intégrant une version perfectionnée de l'original. L'habitat essentiel se définit comme un ensemble de zones qui, au sein de l'aire de répartition actuelle de l'espèce, comportent des éléments d'habitat dont les caractéristiques sont au moins aussi favorables au renard véloce que la majorité des emplacements où la présence du renard véloce a été documentée.
Quatorze variables de l'habitat estival à l'échelle du paysage ont été analysées dans un rayon de 3 km des captures de renards véloces réalisées au cours du recensement de l'hiver 2005-2006. Ces résultats indiquent que le renard véloce évite les habitats qui, dans un rayon de 3 km, ont une forte proportion de terres cultivées, une humidité moyenne élevée, un écart-type élevé d'humidité et des pentes raides. Ce choix d'habitat correspond aux observations déjà faites quant à l'habitat préféré de cette espèce, c'est-à-dire des prairies intactes et relativement homogènes, offrant un milieu sec et des pentes douces (Pruss, 1999; Moehrenschlager et al., 2007a).
Ce modèle prédictif de l'occurrence du renard véloce a été mis à l'épreuve en comparant les prévisions aux résultats de recensements échelonnés sur trois hivers. Pour tous les ensembles de données évalués (1996-1997, 2000-2001, 2008-2009), le modèle privilégiait fortement les sites où le renard véloce avait été détecté (par rapport aux sites où il ne l'avait pas été) au moyen de captures ou de caméras à appâts. L'évaluation de la carte de l'occurrence spatiale prévue du renard véloce indiquait que 53 % de la superficie totale de l'aire de répartition de l'espèce (environ 8 765 km2) présente des caractéristiques de l'habitat suffisamment favorables pour abriter 89 % des occurrences connues du renard véloce. Ce sont les sous-ensembles de ces régions du parc national des Prairies qui sont désignées comme habitat essentiel du renard véloce dans ce plan d'action (figures 7 et 8).
Les caractéristiques biophysiques de l'habitat essentiel du renard véloce sont les suivantes (Pruss, 1999; Moehrenschlager et al., 2007a; COSEPAC, 2009) :
- vastes étendues de prairies intactes (c.‑à‑d. indigènes);
- végétation courte (moins de 25 cm de haut), clairsemée et relativement homogène;
- terrain faiblement accidenté (terrain en pente douce ou présentant peu d'éléments topographiques tels que des canyons, des collines abruptes ou des coulées), voire plat;
- sols secs et bien drainés;
- forte densité de terriers créés par des mammifères fouisseurs;
- peu de terres cultivées;
- peu d'espèces envahissantes;
- disponibilité suffisante de proies (petits mammifères et insectes).
Les parcelles d'habitat existantes non convenables comprenant des zones urbaines, des cultures annuelles, des routes et des plans d'eau se trouvant à l'intérieur des limites de zones cartographiées ne font pas partie de l'habitat essentiel. Le caractère adéquat de l'habitat du renard véloce est défini selon les caractéristiques de l'habitat mesurées dans un rayon de 3 km autour des sites de capture, ce qui correspond à la vaste superficie habituellement utilisée par les renards véloces reproducteurs. Par conséquent, la zone d'influence des activités qui pourraient avoir un effet sur l'habitat essentiel s'étend sur plus de 3 km autour des limites des polygones d'habitat essentiel. La précision horizontale des limites des polygones d'habitat essentiel cartographiés est estimée à 37 m.
Exemples d'activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel
Le modèle d'habitat a montré que les activités menées dans un rayon de 3 km des occurrences de renard véloce pouvaient avoir une incidence sur le caractère convenable de l'habitat. Par conséquent, certaines activités en dehors de l'habitat essentiel désigné pourraient tout de même nuire à cet habitat. Voici une liste non exhaustive des activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel :
- Activités qui éliminent les prairies intactes ou les convertissent en terres affectées à la culture de plantes annuelles ou en pâturages cultivés, ce qui rend l'habitat non propice au renard véloce, ou limite sa capacité de rechercher de la nourriture, de se reproduire, de se disperser, de se terrer ou d'élever ses jeunes. Le renard véloce privilégie les vastes étendues de prairies intactes et évite les terres cultivées ou les zones très fragmentées (Carbyn, 1998; Moehrenschlager et al., 2007a; COSEPAC, 2009). Les activités qui éliminent ou convertissent les prairies intactes peuvent réduire la disponibilité des proies et des terriers, accroître le risque de prédation, augmenter la compétition interspécifique avec le coyote et le renard roux, et réduire le flux génique au sein des populations. Cela peut entraîner une disparition à l'échelle locale, ce qui peut entraver la dynamique des métapopulations (Babak et He, 2009).
Par exemple :
- activités agricoles qui consistent à labourer ou à cultiver des prairies intactes, que ce soit de manière ponctuelle ou annuelle, ou à les remplacent par des graminées non indigènes;
- activités industrielles qui fragmentent de grandes étendues de prairies intactes par l'aménagement de sentiers, de routes et d'infrastructures; aménagement de champs pétrolifères à grande échelle qui réduisent la capacité biotique de l'habitat pour le renard nain (Vulpes macrotis) (Warrick et Cypher, 1998). On observe une corrélation négative entre le renard véloce et les lisières d'habitat, les routes et le manque d'homogénéité de l'habitat (Moehrenschlager et al., 2007a). L'augmentation du nombre de routes entraîne également une augmentation de la ciculation et de la mortalité routière, ce qui peut avoir un impact sur la dynamique des populations;
- extraction de gravier;
- construction de nouveaux coupe-feu permanents (couloirs aménagés, non végétalisés ou à faible teneur en combustible).
- Activités qui mènent au remblayage ou à la destruction des tanières, des trous et des terriers dont dépend le renard véloce, ou qui entraînent une réduction de leur nombre, de sorte que les individus ne peuvent plus les utiliser pour s'abriter des conditions météorologiques extrêmes, élever leurs jeunes et se réfugier des prédateurs (Egoscue, 1979; Russell, Herrero et al., 1986; Pruss, 1999; Harrison et Whittaker-Hoagland, 2003). Le renard véloce est le canidé le plus dépendant des terriers; il a besoin d'un certain nombre de terriers et de tanières qu'il utilise tout au long de l'année. Même si l'on pense que le renard véloce peut creuser son propre terrier, il modifie souvent les terriers creusés par d'autres espèces, comme le blaireau d'Amérique (Taxidea taxus), les chiens de prairie (Cynomys spp.) et les spermophiles (Spermophilus spp.) [Herrero et al.,1986; Pruss, 1999).
Par exemple :
- destruction délibérée des tanières, des trous ou des terriers dont dépend le renard véloce en les remplissant de terre ou en provoquant leur effondrement;
- activités qui inondent une région ou en modifient les propriétés hydrologiques, de sorte que les tanières, les trous et les terriers dont dépend le renard véloce deviennent trop humides ou sont inondés.
- Activités qui modifient en permanence la composition et la structure de la végétation, ce qui compromet la capacité du renard véloce de détecter les prédateurs et les proies, et augmente les risques de prédation et la compétition interspécifique. On sait que le renard véloce évite les milieux à végétation dense. Les arbres peuvent servir de perchoir aux rapaces, et une végétation dense et haute peut attirer les prédateurs et les compétiteurs, comme le coyote et le renard roux.
Par exemple :
- plantation délibérée d'arbres et d'arbustes.
- Activités qui réduisent l'abondance des proies, de sorte que les possibilités de recherche de nourriture et d'apport de nourriture aux jeunes diminuent, menant ainsi à la famine, à l'abandon de la tanière ou à la disparition des individus de la région. L'alimentation du renard véloce est principalement composée de sauterelles (sous-ordre des Caelifera), de coléoptères (ordre des Coleoptera) et de spermophiles (Hines et Case, 1991; Pruss, 1994). On a observé qu'une réduction des populations de mammifères proies (microtinés) avait une incidence négative sur le renard nain, une espèce apparentée au renard véloce (White et Ralls, 1993; White et al., 1996; Moehrenschlager et al., 2007 b).
Par exemple :
- abus de pesticides ou autre activité qui réduisent l'abondance des proies au point où les populations de renard véloce déclinent à long terme ou disparaissent de la région.
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Carte indiquant l'habitat essentiel du Pipit de Sprague (Anthus spragueii) dans le bloc Ouest du parc national des Prairies. Les polygones ombrés contiennent des zones d'habitat essentiel qui répondent aux attributs biophysiques et aux critères décrits dans le présent plan d'action. La carte comprend les limites du bloc Ouest du parc ainsi que les terres adjacentes. Les zones à l'extérieur des polygones ombrés ne sont pas désignées comme habitat essentiel.
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Carte indiquant l'habitat essentiel du Pipit de Sprague (Anthus spragueii) dans le bloc Est du parc national des Prairies. Les polygones ombrés contiennent des zones d'habitat essentiel qui répondent aux attributs biophysiques et aux critères décrits dans le présent plan d'action. La carte comprend les limites du bloc Est du parc ainsi que les terres adjacentes. Les zones à l'extérieur des polygones ombrés ne sont pas désignées comme habitat essentiel.
Mesures proposées pour protéger l'habitat essentiel
Dans le parc national des Prairies, l'habitat essentiel désigné dans les programmes de rétablissement ou les plans d'action est légalement protégé contre la destruction, conformément à l'article 58 de la LEP. La LEP exige que l'habitat essentiel désigné dans une aire protégée de compétence fédéraleNote de bas de page 12 soit décrit dans la Gazette du Canada au plus tard 90 jours après la publication, dans le Registre public des espèces en péril, du programme de rétablissement ou du plan d'action définitif qui a désigné l'habitat essentiel. L'interdiction de la destruction d'un habitat essentiel prescrite au paragraphe 58(1) s'applique 90 jours après la publication de la description de cet habitat essentiel dans la Gazette du Canada. Pour l'habitat essentiel situé sur d'autres terres fédérales (p. ex. les lieux historiques nationaux ou les réserves de parc national), le ministre compétent doit soit faire un énoncé sur la protection juridique existante, soit prendre un arrêté pour que l'interdiction de destruction de l'habitat essentiel s'applique. S'il est établi que des parties de l'habitat essentiel ne sont pas protégées et que des mesures sont prises pour les protéger, ces mesures seront communiquées par l'intermédiaire du Registre au moyen des rapports mentionnés dans l'article 63 de la LEP.
5. Évaluation des coûts et des avantages socioéconomiques
Selon l'alinéa 49(1)e) de la Loi sur les espèces en péril, le ministre fédéral responsable doit effectuer l'évaluation des répercussions socioéconomiques de la mise en œuvre du plan d'action et des avantages en découlant. Cette évaluation socioéconomique a une portée limitée, car elle ne s'applique qu'aux terres et aux eaux protégées du parc national des Prairies, qui sont souvent soumises à moins de menaces (p. ex. activité industrielle) que d'autres secteurs, puisque les terres y sont gérées de manière à maintenir et à restaurer l'intégrité écologique et commémorative. En outre, cette évaluation ne porte que sur les coûts et avantages socioéconomiques supplémentaires de la mise en œuvre des mesures décrites dans le présent plan d'action et ne tient pas compte des répercussions socioéconomiques des activités ou des régimes de gestion existants dans les lieux gérés par Parcs Canada. Elle n'aborde pas les coûts ou avantages cumulés totaux du rétablissement des espèces en général et ne tente pas non plus de réaliser une analyse coûts-avantages complète, comme c'est le cas pour soutenir une initiative réglementaire.
La protection et le rétablissement des espèces en péril peuvent entraîner des coûts et des avantages, qui touchent divers groupes de la société canadienne de différentes manières. Les mesures proposées dans ce plan d'action visent une approche équilibrée de la réduction ou de l'élimination des menaces pesant sur les populations et l'habitat des espèces en péril. Les coûts socioéconomiques potentiels ainsi que les avantages sociaux et environnementaux susceptibles de découler de la mise en œuvre du plan d'action sont décrits ci-dessous. Les renseignements présentés dans ce résumé ont été recueillis dans le cadre d'un processus de coopération et de consultation et se concentrent sur l'incidence potentielle sur les preneurs à bail, les communautés autochtones et les visiteurs du parc national des Prairies.
5.1 Coûts
Le coût différentiel total de la mise en œuvre des mesures décrites à l'annexe B sera assumé par Parcs Canada à partir des salaires et des biens et services existants qui sont intégrés dans la gestion opérationnelle du parc et n'entraîneront donc pas de coûts supplémentaires pour la société. La mise en œuvre des mesures de ce plan est assujettie à des crédits, à des priorités et à des contraintes budgétaires. Les mesures décrites à l'annexe C ne seront mises en œuvre que dans le cadre de partenariats ou si des ressources supplémentaires deviennent disponibles.
La mise en œuvre de ce plan d'action peut entraîner des coûts socioéconomiques pour les communautés autochtones, les visiteurs du parc et les preneurs à bail. Ces coûts ont été déterminés après des consultations et des discussions et, dans la mesure du possible, ils ont été réduits au minimum. Les principales conséquences de la mise en œuvre de ce plan d'action ont été identifiées comme des restrictions dans certaines zones du parc en raison des activités de gestion et des fermetures saisonnières visant à protéger les espèces en péril et l'habitat qui leur est associé. Cela pourrait avoir des répercussions négatives sur la jouissance des visiteurs du parc et leur accès au paysage, et sur l'accès des communautés autochtones aux zones d'utilisation traditionnelle. Les détenteurs de baux pourraient être touchés par l'officialisation des pratiques exemplaires de gestion mises en œuvre pour protéger les espèces en péril et leur habitat. Parcs Canada a examiné attentivement ces coûts et ne sous-estime pas leur importance possible pour nos intervenants. Dans de nombreux cas, des mesures d'atténuation sont déjà en place et, dans la mesure du possible, ont été prévues et intégrées dans ce plan afin de réduire le plus possible les répercussions.
5.2 Avantages
Les avantages économiques potentiels de la conservation et du rétablissement des espèces en péril dans le parc sont difficiles à quantifier, car bon nombre des avantages tirés des espèces sauvages sont des biens non marchands qu'il est difficile d'évaluer sur le plan financier. Toutes les espèces sauvages, quelles qu'elles soient, ont une valeur intrinsèque et extrinsèque et sont appréciées par les Canadiens pour des raisons d'ordre esthétique, culturel, spirituel, récréatif, éducatif, historique, économique, médical, écologique ou scientifique.
La conservation des espèces en péril est un élément important de l'engagement du gouvernement du Canada à conserver la diversité biologique, et elle est importante pour la richesse économique et naturelle du Canada d'aujourd'hui et de demain. Les mesures de ce plan contribuent à atteindre l'objectif de la Stratégie fédérale de développement durable qui consiste à assurer la protection et le rétablissement des espèces et à conserver la biodiversité canadienne. Elles contribuent également à l'objectif mondial consistant à garantir ce qui suit : « Utiliser et gérer durablement la biodiversité et valoriser, préserver et renforcer les contributions de la nature à l'homme, y compris les fonctions et services écosystémiques, et rétablir ceux qui sont actuellement en déclin […] » (Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, décembre 2022).
Les biens de capital naturel protégés (forêts, prairies, zones humides, eaux douces, zones côtières et marines) des parcs nationaux et des aires marines nationales de conservation fournissent un flux de services écosystémiques (p. ex. régulation du climat, habitat, approvisionnement en eau et régulation de l'eau) qui profitent aux particuliers et aux collectivités d'un bout à l'autre du Canada. Parcs Canada s'efforce de maintenir et d'améliorer l'état écologique du réseau national d'aires protégées. Les efforts visant à améliorer la situation des espèces et le rôle qu'elles jouent dans l'écosystème, comme les mesures de rétablissement prévues dans le présent plan d'action, ont une incidence sur la santé globale de l'écosystème. Pour le parc national des Prairies, la valeur annuelle possible des services écosystémiques a été estimée entre 123 et 471 millions de dollars (valeur moyenne de 297 millions de dollars) (Mulrooney et Jones, 2023). La mise en œuvre des mesures prévues dans le présent plan d'action contribuera à maintenir le précieux flux de services écosystémiques dont bénéficie la population canadienne.
Les mesures présentées dans ce plan d'action contribueront à la réalisation des objectifs du programme de rétablissement des espèces menacées et en voie de disparition, ainsi qu'à la réalisation des objectifs de gestion des espèces préoccupantes. Les programmes de rétablissement, les plans d'action et les plans de gestion pour les espèces inscrites sur la liste de la LEP font partie intégrante de la gestion des espèces visant à assurer leur survie et leur rétablissement, à maintenir la biodiversité au Canada et à conserver le patrimoine naturel du pays.
Les mesures décrites dans ce document devraient avoir des répercussions globalement positives sur l'intégrité écologique et offrir aux visiteurs et à la population en général des occasions plus nombreuses d'apprécier le parc et les espèces qu'il abrite. Les mesures devraient avoir des effets positifs globaux sur l'environnement et la population canadienne, notamment sur la biodiversité et sur la valeur que les gens accordent à la préservation de la biodiversité. Parmi les autres avantages possibles figurent les effets positifs ressentis par les visiteurs du parc, les groupes de bénévoles et les naturalistes, grâce à la préservation d'aires dont ils pourront profiter à l'avenir, ainsi que les possibilités accrues de participer à la conservation des espèces. De plus, les organisations partenaires (établissements universitaires, ONG, lieux voisins des sites de Parcs Canada) peuvent tirer profit d'activités qui contribuent à satisfaire aux besoins communs de ces groupes. La poursuite du soutien au ramatriement des bisons, aux possibilités d'intendance et à l'accès aux pâturages dans le parc sont censés profiter aux communautés autochtones et aux preneurs à bail.
6. Mesure des progrès
Le rapport sur la mise en œuvre du plan d'action (en vertu de l'article 55 de la LEP) sera établi en évaluant les progrès accomplis dans la mise en œuvre des mesures énumérées aux annexes B et C lorsque cela est possible. Le rapport sur les incidences écologiques du plan d'action sera établi en évaluant les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs propres au parc en matière de population et de répartition (annexe A). Les progrès seront contrôlés et un rapport de mise en œuvre résumant les résultats pour ce plan sera publié dans le Registre public des espèces en péril cinq ans après la publication de sa version définitive. Le rapport quinquennal comprendra également un résumé des répercussions socioéconomiques de la mise en œuvre du plan d'action.
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Annexe A : Renseignements sur les espèces, objectifs et plans de surveillance pour les espèces en péril du parc national des Prairies
| Espèce | Objectifs nationauxNote de bas de page 13 | Objectifs propres au parc en matière de population et de répartition | Contexte régional relatif à la population et à la répartition | Méthodes de surveillanceNote de bas de page 14 | Approches de rétablissement propres au parc |
|---|---|---|---|---|---|
| Bruant de Baird | Maintenir l'aire de répartition actuelle du bruant de Baird au Canada. Objectif à court terme en matière de population : Parvenir à une tendance démographique stable au Canada au cours des 20 prochaines années. Objectif à long terme en matière de population : Augmenter la taille et la tendance de la population de 2005 au Canada au cours des 30 prochaines années. |
Maintenir une densité de 1,38 bruant de Baird par hectare dans l'ensemble du parc, calculée à partir d'une moyenne mobile sur cinq ans pour la période de 2026 à 2035. | Le programme de surveillance des oiseaux chanteurs a permis de détecter une baisse de la densité dans le parc. | Relevés d'oiseaux dans au moins 30 endroits du parc. Une approche QPADNote de bas de page 15 doit être appliquée aux données des relevés. | Gestion du pâturage, brûlages dirigés, gestion des plantes exotiques envahissantes et programme d'atténuation de la circulation. |
| Couleuvre gaufre de Say | S.O. | Maintenir un taux d'occupation supérieur à 90 % dans tous les hibernacles connus et occupés, ainsi que dans dans tout autre hibernacle découvert de manière fortuite. | Stable | Le suivi de l'occupation des hibernacles connus et occupés suivra un panel de rotation pluriannuel, auquel pourront s'ajouter des hibernacles nouvellement trouvés (de manière fortuite). | Stratégie de gestion de la circulation, diffusion externe et éducation (p. ex. le programme Snake on Roads [serpents sur la route]). |
| Chevêche des terriers | Renverser le déclin de l'espèce au Canada et maintenir une population bien répartie qui se perpétue d'elle-même (au moins 3 000 couples nicheurs dans les quatre provinces de l'Ouest). L'objectif à court terme (c'est-à-dire après cinq ans) en matière de population et de répartition pour ce plan d'action est d'atteindre la taille de la population (800 couples) et la répartition estimées en 2004. | Maintenir un minimum de 2,31 tentatives de nidification par colonie (pour déduire le nombre de couples nicheurs) réparties dans 13 colonies « centrales » de chiens de prairie au sein du parc national des Prairies, calculées à partir d'une moyenne mobile (annuelle) au cours d'un cycle de surveillance (p. ex. 2026-2035). | La population, basée uniquement sur les tentatives de nidification, est en augmentation. | Des relevés des tentatives de nidification sont menés chaque année en mai et les dénombrements de couvées sont effectués en juillet. | Gestion du chien de prairie, gestion du pâturage, brûlages dirigés, gestion des plantes exotiques envahissantes, programme d'atténuation de la circulation, diffusion externe et éducation du public. |
| Plectrophane à ventre noir | 1. Veiller à ce que la tendance dont fait état le Relevé des oiseaux nicheurs (BBS) pour la population canadienne soit stable ou en augmentation au cours des 15 prochaines années (2016-2030). 2. Veiller à ce que la taille de la population et la répartition du longicorne à collier atteignent ou dépassent les niveaux d'abondance moyens observés au cours de la période 1980-1989 dans chacune des provinces des prairies d'ici à 2045. |
Maintenir une densité de 0,99 plectrophane à ventre noir par hectare dans l'ensemble du parc, calculée à partir d'une moyenne mobile sur cinq ans pour la période de 2026 à 2035. | Augmentation | Relevés d'oiseaux dans au moins 30 endroits du parc. Une approche QPAD doit être appliquée aux données des relevés. | Gestion du pâturage, brûlages dirigés, gestion des plantes exotiques envahissantes et programme d'atténuation de la circulation. |
| Couleuvre agile à ventre jaune de l'Est | Maintenir la répartition de l'espèce au Canada. | Maintenir un taux d'occupation supérieur à 90 % dans tous les hibernacles connus et occupés, ainsi que dans dans tout autre hibernacle découvert de manière fortuite. | Stable | Le suivi de l'occupation des hibernacles connus et occupés suivra un panel de rotation pluriannuel, auquel pourront s'ajouter des hibernacles nouvellement trouvés (de manière fortuite). | Stratégie de gestion de la circulation, diffusion externe et éducation (p. ex. le programme Snake on Roads [serpents sur la route]). |
| Tétras des armoises de la sous-espèce urophasianus | 1) L'objectif immédiat est d'interrompre le déclin de la population adulte au Canada. 2) À court terme, l'objectif est de renverser le déclin de la population et d'accroître le nombre de leks actifs en Alberta et en Saskatchewan. 3) L'objectif à long terme est de stabiliser ou d'accroître la population de tétras des armoises pour obtenir au moins 1 095 adultes dans 16 leks actifs, ou plus, en Alberta et au moins 1 500 adultes dans 20 leks actifs ou plus en Saskatchewan. |
1) Objectif à court terme : Empêcher la disparition des populations de tétras des armoises des blocs Ouest et Est dans le PNP entre 2026 et 2035. 2) Objectifs à moyen terme : a. D'ici 2045, obtenir une tendance à la hausse (p < 0,2) du nombre de mâles dénombrés lors des relevés de leks au printemps pour chacune des deux populations, celles des blocs Ouest et Est, au sein du PNP. b. D'ici 2055, augmenter le nombre de leks actifs connus pour les populations des blocs Ouest et Est au sein du PNP. 3) Objectif à long terme : Atteindre une population autonome de tétras des armoises avec plus de 300 tétras des armoises adultes (c.‑à‑d. 100 mâles) parmi 6 leks actifs connus ou plus au sein du parc (y compris dans les blocs Ouest et Est). |
D'après les moyennes quinquennales des dénombrements de mâles sur les leks pour les périodes 1995-1999 et 2020-2024, on observe un déclin de 64,4 % dans l'ensemble, de 97,4 % dans le bloc Ouest et de 16,6 % dans le bloc Est. | Dénombrement annuel des leks au printemps suivant un panel de rotation pluriannuel comprenant à la fois des leks actifs et des leks inactifs. | Enlèvement d'infrastructures et atténuation des impacts connexes, gestion du pâturage, gestion des plantes exotiques envahissantes, brûlages dirigés, remise en état de l'habitat, augmentation de la population, diffusion externe et éducation. |
| Lézard à petites cornes majeur | Maintenir la population dans toutes les parcelles d'habitat essentiel au sein des huit zones d'occupation de l'espèce connues actuellement, et maintenir toute nouvelle population découverte à l'avenir. | Maintenir un taux d'occupation de 100 % dans les 25 cellules d'étude occupées connues (1 x 1 km) de l'ensemble des parcelles d'habitat de l'espèce. | Stable | La surveillance de l'occupation des parcelles d'habitat occupées connues (dans des cellules de 1 x 1 km) suivra une rotation pluriannuelle. | Gestion des plantes exotiques envahissantes, recherche et surveillance, diffusion externe et éducation. |
| Bison des plaines | S.O. | Maintenir au moins 80 % de la capacité biotique dans la zone clôturée du bloc Ouest afin de garantir l'état de conservation de la harde. | Stable | Le rassemblement des bisons et le transfert d'individus excédentaires auront lieu une fois tous les deux ans. | Surveillance et gestion des maladies et de la génétique, agrandissement des pâturages des bisons, surveillance du pâturage au moyen de colliers émetteurs à transmission par satellite, recherche d'outils permettant d'intervenir sur le pâturage des bisons dans l'ensemble du paysage, mobilisation des communautés autochtones et amélioration de l'expérience du visiteur par la diffusion externe et l'éducation et atténuation des conflits entre humains et bisons. |
| Crotale des prairies | S.O. | Maintenir un taux d'occupation supérieur à 90 % dans tous les hibernacles occupés connus (recensés au cours de la période de surveillance 2016-2021), ainsi que dans tout autre hibernacle découvert de manière fortuite. | Stable | Le suivi de l'occupation des hibernacles connus et occupés suivra un panel de rotation pluriannuel, auquel pourront s'ajouter des hibernacles nouvellement trouvés (de manière fortuite). | Stratégie de gestion de la circulation, diffusion externe et éducation (p. ex. le programme Snake on Roads [serpents sur la route]). |
| Pipit de Sprague | 1. Accroître et maintenir la taille et la répartition de la population du pipit de Sprague à une démographie égale ou supérieure à la moyenne observée de 1980 à 1989 dans toute son aire de répartition historique au Canada. 2. Éviter une perte et une dégradation accrues des prairies indigènes dans l'aire de répartition historique de l'espèce. |
Maintenir une densité de 0,55 pipit de Sprague par hectare dans l'ensemble du parc, calculée à partir d'une moyenne mobile sur cinq ans pour la période de 2026 à 2035. | La population a augmenté. | Relevés d'oiseaux dans au moins 30 endroits du parc. Une approche QPAD doit être appliquée aux données des relevés. | Gestion du pâturage, brûlages dirigés, gestion des plantes exotiques envahissantes et programme d'atténuation de la circulation. |
| Blaireau d'Amérique (sous-espèces taxus), hirondelle de rivage, hirondelle rustique, putois d'Amérique, goglu des prés, engoulevent d'Amérique, chauve-souris rousse, buse rouilleuse, chauve-souris cendrée, bruant noir et blanc, petite chauve-souris brune, pie-grièche migratrice (sous-espèces des Prairies), courlis à long bec, monarque, mormon (sous-espèces des Prairies), pluvier montagnard, coccinelle à neuf points, grenouille léopard du Nord (populations des Prairies et de l'ouest de la zone boréale), couleuvre à groin des plaines, méné des plaines, moqueur des armoises, hibou des marais, chauve-souris argentée, harfang des neiges, renard véloce, plectrophane de McCown, bourdon de l'Ouest, salamandre tigrée de l'Ouest (population boréale et des Prairies). | Aucun objectif n'a été fixé, car il n'y a pas ou presque pas de menaces connues dans le parc, on ne connaît aucune mesure de gestion qui pourrait atténuer les menaces ou le parc est d'une importance limitée pour le rétablissement de l'espèce. Les efforts de rétablissement du putois d'Amérique n'ayant pas été couronnés de succès, les objectifs pour cette espèce ne sont pas inclus dans ce plan d'action et la faisabilité du rétablissement sera réévaluée. | S.O. | Consignation des observations fortuites. | Le parc continuera de protéger les individus et l'habitat convenable, et d'aider les partenaires à assurer le rétablissement et la protection de ces espèces dans la mesure du possible. De plus, le personnel du parc travaillera avec des partenaires pour effectuer des relevés opportunistes des espèces sous-échantillonnées dans le parc et adapter sa gestion en conséquence quand de nouvelles populations seront découvertes. Nombre de ces espèces bénéficieront indirectement des mesures de rétablissement ciblées pour d'autres espèces du parc. | |
Annexe B : Mesures de conservation et de rétablissement qui seront mises en œuvre
| Espèce | No de la mesure | Description de la mesure de rétablissement | Objectif de la mesure de rétablissement | PrioritéNote de bas de page 16 | MenaceNote de bas de page 17 | MesureNote de bas de page 18 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Chevêche des terriers | 1 | Atténuation de la mortalité routière et des perturbations – Installer des panneaux de réduction de la vitesse et des perturbations de façon saisonnière sur les routes proches des nids de chevêches des terriers afin d'améliorer le taux de survie dans le parc national des Prairies (PNP). | Des panneaux temporaires de réduction de la vitesse et des perturbations sont installés chaque année. | Moyenne | 4.1 Routes, sentiers et chemins de fer | 1.1 Intendance du parc et du secteur |
| Chevêche des terriers | 2 | Mobilisation ou éducation des visiteurs – Mobiliser les visiteurs par le biais d'au moins un programme de mise en valeur du patrimoine par an (avec et sans personnel) mettant en relief l'écologie de la chevêche des terriers dans le grand écosystème des prairies (p. ex. Une journée avec un spécialiste, programmes scolaires, randonnées guidées, Causeries près du feu, etc.), et rechercher des possibilités d'améliorer les programmes dans la mesure du possible. | La chevêche des terriers est intégrée dans au moins un nouveau programme de mise en valeur du patrimoine, ou un programme existant est amélioré, et ce programme est présenté chaque année. | Faible | Lacunes dans les connaissances | 3.1 Diffusion externe et communication |
| Couleuvre agile à ventre jaune de l'Est, crotale des prairies, couleuvre gaufre de Say | 3 | Surveillance de la mortalité routière – Mener des relevés aux passages de serpents et aux points chauds de mortalité routière dans les blocs Ouest et Est du PNP afin d'éclairer les stratégies de gestion de la circulation. | Des relevés aux passages de serpents et aux points chauds de mortalité routière sont menés chaque année dans le PNP. | Moyenne | 4.1 Routes, sentiers et chemins de fer | 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation |
| Couleuvre agile à ventre jaune de l'Est, crotale des prairies, couleuvre gaufre de Say | 4 | Mobilisation ou éducation des visiteurs – Mobiliser les visiteurs par le biais de programmes de mise en valeur du patrimoine par an (avec et sans personnel) mettant en relief l'écologie des espèces de l'herpétofaune en péril dans le grand écosystème des prairies (p. ex. science citoyenne, événements bénévoles, programmes scolaires, randonnées guidées, panneaux d'interprétation de la route panoramique de l'Écocircuit, Causeries près du feu, Une journée avec un spécialiste, etc.), et les sensibiliser à la mortalité des serpents due à la circulation des véhicules sur les routes panoramiques afin de promouvoir un changement de comportement. | Les espèces de reptiles et d'amphibiens en péril sont intégrées dans au moins un nouveau programme de mise en valeur du patrimoine, ou un programme existant est amélioré, et ce programme est présenté chaque année. | Moyenne | 4.1 Routes, sentiers et chemins de fer | 3.1 Diffusion externe et communication |
| Tétras des armoises | 5 | Enlèvement d'infrastructures et atténuation des impacts connexes – Augmenter la quantité de parcelles d'habitat essentiel de grande qualité pour le tétras des armoises en éliminant ou en modifiant les infrastructures (p. ex. les lignes électriques, les bâtiments, les clôtures, les poteaux et autres éléments verticaux) qui peuvent être associées à l'évitement des espèces ou à un risque accru de prédation, ou encore en atténuant leur impact sur la base des meilleures données probantes disponibles (comme l'installation d'anti-perchoirs efficaces). | Augmentation de la superficie d'habitat essentiel fonctionnel grâce à l'enlèvement d'infrastructures. | Élevée | 1.3 Zones touristiques et de loisirs 4.2 Lignes de services publics 8.2 Espèces indigènes problématiques | 1.1 Intendance du parc et du secteur 2.1 Intendance des espèces |
| Tétras des armoises | 6 | Marquage des clôtures – Marquer les clôtures pour réduire le risque de collision du tétras des armoises avec les fils de clôture. | Au moins 6 km de clôture sont marqués par an (et les marqueurs existants sont entretenus) dans l'habitat essentiel du tétras des armoises situé dans un rayon de moins de 10 km de leks actifs. | Élevée | 1.3 Zones touristiques et de loisirs 2.3 Élevage de bétail et de volaille | 2.1 Intendance des espèces |
| Tétras des armoises | 7 | Évaluer la faisabilité de l'augmentation de la population – Collaborer avec les partenaires pour évaluer la faisabilité opérationnelle de différentes options pour l'augmentation de la population de tétras des armoises. | Dans un délai de cinq ans, la faisabilité d'une augmentation future de la population de tétras des armoises dans le PNP est évaluée. | Moyenne | Lacunes dans les connaissances; menaces multiples | 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation; 10.3 Création d'alliances et de partenariats |
| Tétras des armoises | 8 | Recherche sur les brûlages dirigés – Rédiger une analyse documentaire ainsi que des recommandations et des mesures d'atténuation propres au parc pour l'utilisation de brûlages dirigés dans l'habitat de nidification du tétras des armoises dans le PNP. | Dans un délai de dix ans, les recommandations issues d'études internes et externes relatives à l'impact des brûlages dirigés sur l'habitat de nidification du tétras des armoises sont rassemblées et intégrées dans les plans de lutte contre les incendies. | Moyenne | 7.1 Feu et gestion du feu | 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation |
| Tétras des armoises | 9 | Plan de communication – Élaborer une stratégie de communication pour dialoguer avec le public et les intervenants. | Dans un délai de cinq ans, une stratégie de communication est élaborée pour les mesures de rétablissement du tétras des armoises. | Moyenne | Menaces multiples | 3.1 Diffusion externe et communication |
| Tétras des armoises | 10 | Planification à l'échelle du paysage – Collaborer avec des organisations externes pour une planification efficace des actions de conservation à l'échelle du paysage dans la grande région du PNP. | Parcs Canada participe aux réunions annuelles du comité de coordination des espèces en péril de la région du Sud de la ligne de partage des eaux. | Moyenne | Menaces multiples | 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation; 10.3 Création d'alliances et de partenariats |
| Petite chauve-souris brune, chauve-souris rousse, chauve-souris cendrée, chauve-souris argentée | 11 | Inspecter les infrastructures afin de détecter la présence de chauves-souris avant toute rénovation ou démolition afin d'atténuer les risques de dommages. | Les infrastructures sont inspectées pour détecter la présence de chauves-souris avant toute renovation ou demolition. | Élevée | Lacunes dans les connaissances | 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation |
| Bison des plaines | 12 | Respecter les critères de l'UICN pour la gestion des hardes de conservation, notamment : i) un sexe-ratio de 50-55 femelles pour 100 animaux; ii) un excédent de bisons tous les deux ans, ne dépassant pas 30 à 40 % de la population; iii) un prélèvement proportionnellement plus important de juvéniles (avant leur première reproduction) et d'animaux plus âgés, afin de favoriser la conservation de la variation génétique et d'imiter les schémas de mortalité naturelle; iv) le prélèvement proportionnel d'animaux de différents groupes afin de préserver la structure sociale de la harde; v) l'évitement de toute sélection humaine pour les caractéristiques génétiques. | Gérer la population de bisons des plaines dans le PNP par le biais d'excédents bisannuels en suivant les lignes directrices de l'UICN pour la gestion des hardes de conservation. | Élevée | Menaces multiples | 2.1 Intendance des espèces 2.2 Réintroduction et déplacement d'espèces |
| Bison des plaines | 13 | Maintien de l'état de conservation – Surveiller la harde pour confirmer qu'elle est exempte de maladies et qu'elle conserve son intégrité génétique, c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'augmentation de l'introgression génétique des bovins. | L'état des maladies et l'intégrité génétique sont contrôlés tous les deux ans. | Élevée | 8.4 Pathogènes 8.3 Matériel génétique introduit | 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation |
| Bison des plaines | 14 | Surveillance de la diversité génétique – Contrôler périodiquement la diversité génétique à l'aide du génotypage multilocus ou d'autres méthodes compatibles avec les initiatives menées à l'échelle continentale. | Un contrôle bisannuel de la diversité génétique est effectué. | Faible | Lacunes dans les connaissances | 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation |
| Bison des plaines | 15 | Évaluer la faisabilité de l'augmentation de la harde de bisons et du pâturage sur les terres du parc adjacentes à la zone de confinement actuelle, en coordination avec les objectifs stratégiques élargis de gestion du parc et du plan d'utilisation des terres. | Dans un délai de dix ans, la faisabilité de l'augmentation de la harde de bisons ainsi que du pâturage de bisons dans d'autres zones du parc est évaluée. | Moyenne | 7.5 Gestion des systèmes biologiques | 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation |
| Bison des plaines | 16 | Mobilisation des communautés autochtones et partenariat – Accroître la sensibilisation et obtenir le soutien des communautés autochtones locales pour la gestion des bisons et les possibilités d'intendance autochtone. Les décisions relatives à la conservation et à la gestion du bison sont fondées sur les connaissances autochtones et occidentales. | En l'espace de dix ans, les communautés autochtones ont été mises à contribution et le soutien aux activités et aux programmes d'intendance autochtone liés à la gestion des bisons, à la conservation et à la culture, ainsi qu'à l'expérience du visiteur, s'est accru. | Moyenne | Lacunes dans les connaissances; menaces multiples | 3.1 Diffusion externe et communication; 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation; 10.3 Création d'alliances et de partenariats |
| Bison des plaines | 17 | Mobilisation ou éducation des visiteurs – Faire participer les visiteurs à au moins un programme de mise en valeur du patrimoine par an (avec et sans personnel) mettant en relief l'écologie du bison des plaines dans l'écosystème élargi de la prairie (p. ex. Une journée avec un spécialiste, visites guidées de l'installation des bisons, randonnées guidées, panneaux d'interprétation sur les sentiers, Causeries près du feu, caméras Explore.org, etc.). Chercher des moyens de faire participer les communautés autochtones aux programmes destinés aux visiteurs sur le bison des plaines. | Le bison des plaines est intégré dans au moins un nouveau programme de mise en valeur du patrimoine, ou un programme existant est amélioré, et ce programme est présenté chaque année. | Moyenne | Menaces multiples | 3.1 Diffusion externe et communication; 10.3 Création d'alliances et de partenariats |
| Pipit de Sprague, plectrophane à ventre noir, bruant de Baird, tétras des armoises | 18 | Pâturage bénéfique – Maintenir la qualité de l'habitat pour les espèces d'oiseaux chanteurs en péril et le tétras des armoises dans le parc en mettant en œuvre des stratégies de pâturage bénéfique. | Le plan de gestion du pâturage et le programme d'évaluation de la santé des parcours naturels sont mis en œuvre chaque année dans l'ensemble du parc à l'aide d'un cadre de gestion adaptative. | Élevée | 7.5 Gestion des systèmes biologiques | 1.1 Intendance du parc et du secteur |
| Pipit de Sprague, plectrophane à ventre noir, bruant de Baird, tétras des armoises | 19 | Brûlage dirigé – Maintenir la qualité de l'habitat pour les espèces d'oiseaux chanteurs en péril et le tétras des armoises dans le parc en mettant en œuvre des brûlages dirigés. | Les activités de brûlage dirigé sont mises en œuvre sur des sites qui fournissent des éléments d'habitat essentiel/convenable pour les oiseaux chanteurs et un habitat de reproduction pour le tétras des armoises dans le parc. | Élevée | 7.1 Feu et gestion du feu | 1.1 Intendance du parc et du secteur |
| Toutes les espèces | 20 | Remise en état de l'habitat – Remettre en état les communautés végétales indigènes qui ont été perturbées ou dégradées afin de créer un habitat de qualité pour les espèces en péril prioritaires. | Dans un délai de dix ans, des activités de remise en état de l'habitat sont mises en œuvre sur des sites qui fournissent des éléments d'habitat essentiel/convenable aux espèces en péril prioritaires dans le parc, selon le plan de remise en état du PNP. | Élevée | Menaces multiples | 1.2 (Re)création d'écosystèmes et de processus naturels |
| Toutes les espèces | 21 | Gestion des plantes exotiques envahissantes – Maintenir les communautés végétales indigènes qui fournissent un habitat de qualité aux espèces en péril prioritaires grâce à la gestion des plantes exotiques envahissantes. | Dans un délai de cinq ans, le plan de gestion des plantes envahissantes est mis en œuvre pour la prévention, la détection précoce et le contrôle des plantes exotiques envahissantes prioritaires qui nuisent à la qualité de l'habitat des espèces en péril. | Élevée | 8.1 Espèces envahissantes exotiques ou non indigènes | 1.1 Intendance du parc et du secteur |
Annexe C : Autres mesures de conservation et de rétablissement qui seront mises en œuvre au moyen de partenariats ou lorsque d'autres ressources seront accessibles
| Espèce | No de la mesure | Description de la mesure de rétablissement | Objectif de la mesure de rétablissement | PrioritéNote de bas de page 19 | MenaceNote de bas de page 20 | MesureNote de bas de page 21 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Hirondelle rustique | 22 | Coexistence entre les humains et la faune – Installer des dispositifs d'exclusion de la nidification et mettre en place des structures de nidification de rechange pour atténuer les conflits entre les humains et l'hirondelle rustique dans les terrains de camping. | Si nécessaire, des dispositifs d'exclusion et des structures de nidification de rechange sont installés, et les conflits entre les humains et les hirondelles rustiques sur les terrains de camping du PNP sont atténués. | Faible | 1.3 Zones touristiques et de loisirs | 1.1 Intendance du parc et du secteur; 2.1 Intendance des espèces |
| Chevêche des terriers | 23 | Recherche et collaboration – Explorer les possibilités de collaboration pour évaluer la dynamique des populations à l'échelle du paysage (p. ex. taux de survie et de retour des individus), l'efficacité de l'alimentation complémentaire et la possibilité d'étendre l'alimentation complémentaire à des zones situées en dehors des limites du parc si cela est jugé efficace et nécessaire. | Des communications, des discussions et des échanges de données avec les partenaires, les administrations voisines et les intervenants sur la recherche et la surveillance dans les zones situées à l'intérieur et à proximité du parc sont menées pour soutenir les possibilités qui se présentent. | Moyenne | Lacunes dans les connaissances | 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation; 10.3 Création d'alliances et de partenariats |
| Chevêche des terriers | 24 | Alimentation complémentaire – Si cela est jugé efficace et nécessaire, poursuivre la mise en œuvre du programme d'alimentation complémentaire afin de maximiser le taux de survie des oisillons et leur taux d'envol pour un sous-échantillon de nids identifiés chaque année dans le PNP. | La survie et le recrutement des oisillons sont maximisés en nourrissant 50 % des nids découverts dans le cadre du relevé annuel par rotation dans le PNP, jusqu'à un maximum de 20 nids par an. | Moyenne | Menaces multiples | 2.1 Intendance des espèces |
| Couleuvre agile à ventre jaune de l'Est, crotale des prairies, couleuvre gaufre de Say | 25 | Atténuation de la mortalité routière – Mettre en œuvre la stratégie de gestion de la circulation en installant des panneaux de réduction de la vitesse (ou d'autres solutions de gestion de la vitesse) sur les routes dans les zones où les serpents traversent fréquemment dans les blocs Ouest et Est. | Des panneaux temporaires de réduction de la vitesse (ou d'autres solutions de gestion de la vitesse) sont installés chaque année sur les routes où les serpents passent fréquemment dans le PNP. | Moyenne | 4.1 Routes, sentiers et chemins de fer | 1.1 Intendance du parc et du secteur |
| Couleuvre agile à ventre jaune de l'Est, crotale des prairies, couleuvre gaufre de Say | 26 | Surveillance des maladies – Mettre en œuvre un programme de surveillance de la maladie fongique du serpent dans le PNP. | La présence ou l'absence de la maladie fongique du serpent est surveillée dans le PNP. | Moyenne | 8.4 Pathogènes | 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation |
| Tétras des armoises | 27 | Mettre en œuvre l'augmentation de la population – Mettre en œuvre un programme d'augmentation de la population si cela est considéré comme réalisable. | Dans un délai de dix ans, une augmentation d'au moins une population de tétras des armoises est mise en œuvre dans le PNP. | Élevée | Menaces multiples | 2.2 Réintroduction et déplacement d'espèces |
| Tétras des armoises | 28 | Améliorer les communautés d'armoise – Élaborer un plan d'action spatialement explicite pour optimiser les communautés d'armoise en vue de l'utilisation par le tétras des armoises. | Un plan d'action spatialement explicite est élaboré pour optimiser les communautés d'armoise existantes aux fins d'utilisation par le tétras des armoises. | Moyenne | Menaces multiples | 6.4 Planification de la conservation |
| Tétras des armoises | 29 | Remise en état des sentiers à deux voies – Évaluer l'idée de mettre hors service les sentiers à deux voies près de l'habitat de lek du tétras des armoises en interdisant l'utilisation des sentiers qui posent peu de contraintes sur les opérations et en remettant en état les anciennes zones de sentiers pour en faire un habitat approprié. | Dans un délai de dix ans, l'idée de mettre hors service des sentiers à deux voies à proximité de l'habitat de lek du tétras des armoises est évaluée. | Faible | 4.1 Routes, sentiers et chemins de fer; 8.1 Espèces envahissantes exotiques ou non indigènes |
8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation |
| Tétras des armoises | 30 | Surveillance des prédateurs – Mettre en œuvre ou soutenir des programmes de recherche ou de surveillance qui aident à évaluer l'abondance des prédateurs du tétras des armoises (et leurs variations dans le temps et l'espace) afin d'éclairer la gestion de l'habitat et de la population. | Dans un délai de dix ans, au moins un projet de recherche ou de surveillance est soutenu. | Moyenne | 8.2 Espèces indigènes problématiques | 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation; 10.3 Création d'alliances et de partenariats |
| Tétras des armoises | 31 | Gestion des prédateurs – Gérer indirectement les ressources susceptibles de gonfler artificiellement les populations de prédateurs du tétras des armoises dans le PNP. | Les ressources en prédateurs sont gérées par des méthodes indirectes telles que : 1) l'enlèvement des nids de prédateurs de nids (pies et corneilles), de prédateurs d'oisillons et de prédateurs d'adultes; ou 2) l'élimination des cimetières (p. ex. les tas de carcasses de bétail en hiver) ou l'atténuation de leurs impacts, ces endroits fournissant une subsistance aux prédateurs du tétras des armoises tels que les coyotes. | Moyenne | 8.2 Espèces indigènes problématiques | 2.1 Intendance des espèces |
| Tétras des armoises | 32 | Recherche sur les populations – Collaborer avec des partenaires pour soutenir et mettre en œuvre des recherches sur l'utilisation de l'espace, la reproduction, le recrutement et la mortalité des tétras des armoises sauvages et/ou relâchés, afin de contribuer aux mesures de rétablissement de l'espèce dans le PNP et au Canada. | En cas d'augmentation de la population, au moins un projet de recherche ou de surveillance est soutenu. | Moyenne | Lacunes dans les connaissances | 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation; 10.3 Création d'alliances et de partenariats |
| Tétras des armoises, grenouille léopard du Nord, petite chauve-souris brune, chauve-souris rousse, chauve-souris cendrée, chauve-souris argentée. | 33 | Remise en état des prairies humides – Remettre en état les prairies humides sur des sites hautement prioritaires pour le tétras des armoises, susceptibles de constituer un habitat optimal pour la nidification et l'élevage des oisillons, grâce au rétablissement de régimes hydrologiques plus naturels. | Les zones prioritaires sont identifiées et le débit naturel est restauré et surveillé dans les zones le long de la rivière Frenchman où il y a un potentiel de rétablissement du débit en collaboration avec les administrations voisines, le cas échéant. | Élevée | 7.5 Gestion des systèmes biologique; 11.3 Changements dans les régimes de précipitations et hydrologiques. | 1.2 (Re)création d'écosystèmes et de processus naturels |
| Tétras des armoises, bison des plaines, pipit de Sprague, plectrophane à ventre noir, bruant de Baird (et toutes les espèces en péril) | 34 | Stratégie de gestion de l'agropyre à crête – Cartographier l'agropyre à crête et élaborer des stratégies de gestion spatialement explicites pour remettre en état les zones envahies par l'agropyre à crête. Les stratégies de gestion peuvent inclure une combinaison de stratégies comprenant des brûlages dirigés, la gestion du pâturage et des méthodes de lutte contre les plantes exotiques envahissantes pour les éliminer et empêcher leur expansion, suivies de l'ensemencement de plantes indigènes pour empêcher le rétablissement de l'agropyre à crête. | Une stratégie de gestion de l'agropyre à crête est élaborée. | Élevée | 8.1 Espèces envahissantes exotiques ou non indigènes | 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation |
| Lézard à petites cornes majeur | 35 | Examiner les besoins en matière de sites d'hivernage pour faciliter l'évaluation des effets potentiels du changement climatique. | Les chercheurs externes et l'échange de données sont soutenus pour cerner les besoins en matière de sites d'hivernage. | Faible | 11.2 Changements dans les régimes de température | 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation |
| Lézard à petites cornes majeur | 36 | Examiner les tendances relatives aux déplacements et à la dispersion pour toutes les classes d'âge en vue de déterminer les caractéristiques de l'habitat requises pour maintenir la connectivité entre les parcelles d'habitat. | Les chercheurs externes et l'échange de données sont soutenus pour cerner les besoins en matière d'habitat de dispersion et de connectivité. | Faible | Lacunes dans les connaissances | 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation |
| Petite chauve-souris brune, chauve-souris rousse, chauve-souris cendrée, chauve-souris argentée | 37 | Coexistence entre les humains et la faune – Prévoir des structures de remplacement (p. ex. des gîtes à chauves-souris) si les structures occupées par les chauves-souris doivent être mises hors service, ou prévoir d'autres mesures d'atténuation, le cas échéant. | Des structures de rechange ou d'autres mesures d'atténuation sont prévues et contrôlées pour être utilisées si nécessaire. | Faible | 1.3 Zones touristiques et de loisirs; 5.1 Chasse, capture et contrôle des animaux terrestres |
2.1 Intendance des espèces |
| Petite chauve-souris brune, chauve-souris rousse, chauve-souris cendrée, chauve-souris argentée | 38 | Surveillance – Évaluer l'abondance relative et les tendances démographiques des espèces de chauves-souris dans le PNP. | Chaque année, deux relevés stationnaires et un relevé par transects mobiles dans un carré de quadrillage sont effectués dans le cadre du programme de surveillance des chauves-souris d'Amérique du Nord. | Faible | Lacunes dans les connaissances | 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation |
| Petite chauve-souris brune, chauve-souris rousse, chauve-souris cendrée, chauve-souris argentée | 39 | Recherche – Collaborer avec des partenaires, tels que des laboratoires de recherche universitaires, pour combler les lacunes en matière de connaissances sur les populations de chauves-souris dans l'écosystème des prairies. Les sujets de recherche peuvent inclure l'identification des hibernacles, l'utilisation des zones riveraines pour la recherche de nourriture, l'utilisation des arbres pour se percher, l'écologie des déplacements, y compris l'utilisation du Système de surveillance faunique Motus, et les pratiques de pâturage bénéfiques. | Au moins un projet de recherche externe est soutenu. | Moyenne | Lacunes dans les connaissances | 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation; 10.3 Création d'alliances et de partenariats |
| Pie-grièche migratrice | 40 | Gestion de la circulation – Mettre en œuvre la stratégie de gestion de la circulation afin de minimiser la mortalité de la pie-grièche migratrice dans les colonies situées en bordure de route. Mettre à jour et réviser la stratégie sur la base des meilleures données et connaissances existantes et des ressources disponibles. | Des panneaux temporaires de réduction de la vitesse sont installés chaque année sur les routes qui traversent des parcelles d'habitat de nidification occupées dans le PNP. | Moyenne | 4.1 Routes, sentiers et chemins de fer | 1.1 Intendance du parc et du secteur |
| Grenouille léopard du Nord | 41 | Surveillance – Les populations de grenouilles léopards du Nord sont surveillées pour : 1) comprendre l'état de la population du PNP et savoir si et comment elle évolue dans le temps; et 2) mieux comprendre l'importance relative des différents éléments d'habitat (p. ex. rivières, étangs, méandres morts, etc.) pour la population. | Au moins trois étangs de reproduction et un tronçon de rivière sont étudiés chaque année sur la base d'une rotation de cinq ans. | Faible | Lacunes dans les connaissances | 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation |
| Bison des plaines | 42 | Gestion de la diversité génétique – Mettre en œuvre, si la surveillance de la diversité génétique l'exige, des déplacements d'individus ou des transferts de gamètes en utilisant les meilleurs outils disponibles (p. ex. la biobanque du génome du bison, les techniques de reproduction assistée) et la science (p. ex. des gamètes provenant de hardes génétiquement moins apparentées ou de hardes sources en rotation). | La diversité génétique de la harde de bisons des plaines du PNP est maintenue ou augmentée au fil du temps. | Moyenne | Menaces multiples | 2.2 Réintroduction et déplacement d'espèces |
| Bison des plaines | 43 | Recherche – Mettre en œuvre ou soutenir la recherche sur l'utilisation de l'espace par le bison, sa réponse à la gestion active (p. ex. la gestion de l'eau), et/ou la santé des parcours naturels et la réponse de la végétation au pâturage des bisons, dans le but d'éclairer la gestion de l'habitat du bison et des multiples espèces en péril. | En évaluant les données des colliers émetteurs à transmission par satellite, des recherches sont menées sur l'utilisation de l'habitat du bison afin de guider la gestion du pâturage des bisons dans les dix ans à venir. | Moyenne | 7.5 Gestion des systèmes biologiques | 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation; 10.3 Création d'alliances et de partenariats |
| Pipit de Sprague, plectrophane à ventre noir, bruant de Baird | 44 | Recherche – Collaborer avec des partenaires pour la recherche et la surveillance des oiseaux chanteurs afin d'évaluer la dynamique des populations à l'échelle du paysage et d'obtenir des données sur le succès des mesures de rétablissement. | Dans un délai de dix ans, au moins un projet de recherche externe est soutenu. | Moyenne | Lacunes dans les connaissances | 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation; 10.3 Création d'alliances et de partenariats |
| Renard véloce | 45 | Surveillance – Évaluer la répartition et l'occupation du renard véloce à l'intérieur et autour du PNP en collaborant avec des partenaires à l'échelle du paysage élargi. | Des stations de pièges photographiques sont installées dans un quadrillage à l'intérieur de l'habitat essentiel du renard véloce pendant les années de surveillance active. | Faible | Lacunes dans les connaissances | 8.1 Recherche fondamentale et suivi de la situation; 10.3 Création d'alliances et de partenariats |
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